L'état de sécheresse des sols en février présente une avance d'au moins 2 mois, et si les pluies du printemps ne sont pas suffisantes, la sécheresse de l'été 2023 sera encore plus catastrophique que celle de l'année dernière. L'agriculture doit s'adapter, non pas dans les prochaines années, mais dès maintenant, en modifiant ses choix de cultures. C'est ce pour quoi milite Serge Zaka, docteur en agroclimatologie et consultant sur le sujet auprès d'entreprises agroalimentaires.

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Après une année 2022 marquée par une sécheresse historique, 2023 suit pour le moment le même scénario météo, avec un déficit de précipitations inquiétant au cours des deux premiers mois de l'année. La situation agricole se dégrade effectivement d'année en année en France : « À l'échelle du pays, nous sommes à plus de 7 % de surface agricole en état de sécheressesécheresse depuis 1959 », précise le spécialiste. Mais il y a des disparités régionales, « +0 à +1 % de surface agricole en sécheresse dans le nord de la France, et +15 % dans le Languedoc ». Le sud de la France doit faire face à une situation qui évolue très vite, en particulier le Languedoc, l'Occitanie et l'Aquitaine. Mais, comme l'explique l'agroclimatologue, « même dans les régions où il pleut le plus, on observe une progression de la sécheresse ».

L'état des cultures dépend de trois paramètres :

  • La pluie : il y a une différence entre les cumuls de pluie relevés par les météorologuesmétéorologues, et les « cumuls de pluie efficaces » : « C'est ce qui rentre dans le sol qui compte. Sur un cumul de 60 mm, il arrive que 55 mm ruisselle sans pénétrer le sol », explique Serge Zaka.
  • La chaleurchaleur : plus il fait chaud et plus il y a d'évapotranspiration. « De plus, les végétaux sont très sensibles au manque d'eau et aux fortes températures pendant la floraison. Le bléblé ralentit la croissance de son grain au-delà de 25 °C, et le maïsmaïs supporte difficilement une température supérieure à 35 °C », précise le spécialiste.  
  • Le gelgel : « La floraison a avancé de 2 semaines en moyenne depuis 1960. Dans les années 1960, le bourgeon était fermé en avril, maintenant, il est déjà ouvert à cette période et est donc beaucoup plus sensible au gel ».

Certaines cultures doivent être abandonnées et remplacées par d'autres

Pour Serge Zaka, n'en déplaise à certains, il n'y aura pas d'autre choix que d'abandonner ce...
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