REPORTAGE LCI - À Bakhmout, comment les tankistes tentent de résister aux assauts russes

LCI - 01/03
[VIDÉO] - La ville de Bakhmout, dans l'est de l'Ukraine, est au cœur de violents combats. Selon Kiev, depuis quelques semaines, Moscou envoie massivement des hommes pour tenter de capturer la localité du Donbass. Les équipes de LCI ont accompagné les tankistes de la 80e brigade de l'armée ukrainienne, qui tentent de résister.

La ville de Bakhmout, dans l'est de l'Ukraine, est au cœur de violents combats.
Selon Kiev, depuis quelques semaines, Moscou envoie massivement des hommes pour tenter de capturer la localité du Donbass.
Les équipes de LCI ont accompagné les tankistes de la 80e brigade de l'armée ukrainienne, qui tentent de résister.

L'inquiétude grandit autour de la ville de Bakhmout, au coeur depuis des mois d'intenses combats entre les armées russe et ukrainienne. Cette ville située dans le Donbass, dans l'est de l'Ukraine, est considérée comme stratégique par les forces du Kremlin qui tentent de s'en emparer. Mais ces dernières semaines, selon Kiev, l'intensité des affrontements a augmenté, alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie d'y envoyer massivement des hommes à une mort certaine dans le seul but de prendre le contrôle de la localité.

Sur le terrain, l'armée ukrainienne tente de résister. Une équipe de LCI a pu suivre les tankistes de la 80e brigade, présents autour de Bakhmout, avec une mission : défendre la ville face aux assauts russes.

"Bakhmout va tomber"

Des hommes qui sont postés à environ sept kilomètres des positions russes, dans des conditions précaires. Un abri en bois les protège ainsi que leur tank. "Ce toit sauve nos vies et celle du canon, il protège des attaques de drones kamikaze", explique Taras, commandant de l'unité d'artillerie de la 80e brigade dans le reportage en tête de cet article. Avec ses hommes, il attend que des drones ukrainiens repèrent des troupes ennemies avant de procéder à des tirs pour repousser les assauts de l'armée russe.

Mais face aux forces du Kremlin, Taras le reconnaît, l'Ukraine a besoin de plus d'hommes et davantage d'armes, car les soldats russes sont trop nombreux. Un constat que partage Serhii, artilleur. "Si les Russes se moquent du nombre de soldats qui meurent pour ça, alors ils vont continuer à avancer. À savoir si cette stratégie vaut le coup, ça, c'est une autre question", estime-t-il. Dans d'autres unités de l'armée ukrainienne, le constat est également amer, certains estimant même que "Bakhmout va tomber" face au manque de munitions et d'effectifs du côté ukrainiens.

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Des inquiétudes partagées au plus sommet de l'État. Dans son allocution quotidienne publiée dans la soirée de mardi, Volodymyr Zelensky, a déclaré que "les plus grandes difficultés, comme auparavant, sont à Bakhmout (...) La Russie ne compte pas du tout ses hommes, les envoyant constamment à l'assaut de nos positions. L'intensité des combats ne fait qu'augmenter". Déjà lundi soir, il avait reconnu que la situation devenait "de plus en plus compliquée" pour les soldats ukrainiens, qui ont décrit des scènes rappelant celles de la Première Guerre mondiale.

"La situation aux alentours de Bakhmout est extrêmement tendue", a également alerté le commandant des forces terrestres ukrainiennes, Oleksandre Syrsky. Selon lui, le groupe paramilitaire russe Wagner, en première ligne dans cette bataille, tente de "percer la défense de nos troupes et d'encercler la ville". Le patron de Wagner, Evguéni Prigojine, a d'ailleurs revendiqué tour à tour ces dernières semaines la prise de localités autour de la ville du Donbass. Soledar est tombée en janvier, puis Krasna Gora en février, et samedi Iaguidné, située aux portes de la Bakhmout.

Annick BERGER

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