Le philosophe José Ortega y Gasset (1883-1955) était, entre autres choses, un grand entrepreneur culturel. Ça courait dans la famille.
Son père, José Ortega Munilla, était le directeur du principal journal de la fin du XIXe siècle, El Imparcial, propriété de la famille de sa femme, Dolores Gasset, fille du fondateur, Eduardo Gasset y Artime. Auparavant, il avait été responsable de la page littéraire qui paraissait le lundi : Los Lunes del Imparcial.
Impliqué depuis son enfance dans le monde de la presse, des magazines, des rassemblements littéraires, des académies, des universités et de la politique, José Ortega y Gasset a été convaincu dès son plus jeune âge que pour transformer la réalité de son pays, le moderniser ou l'européaniser ça, comme on disait alors, il fallait être présent dans les médias. Et pour cela, de nouveaux médias devaient être fondés pour promouvoir cet élan de modernisation avec de nouvelles idées.
Il s'essaye sans grand succès au journal familial, et collabore bientôt à la création de revues éphémères comme Faro (1908) et Europa (1910). L'hebdomadaire España a duré plus d'années, bien qu'Ortega n'ait été aux commandes que pendant le premier, 1915. Puis il a tenté une expérience personnelle avec El Espectador, qui n'est jamais devenu un magazine. Il a donné à l'imprimeur huit volumes entre 1916 et 1...
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