Retour à l'ère de l'incertitude nucléaire

Óscar Gutiérrez - El País - 26/02
La suspension par la Russie du traité de contrôle nucléaire avec les États-Unis ouvre la porte à une nouvelle ère de dissuasion militaire, de course aux armements et d'instabilité. EL PAÍS consulte quatre experts en politiques de sécurité

Dmitri Medvedev est aujourd'hui le chef adjoint du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie (CSFR), un organe consultatif. Et il le fait sous l'autorité, à la fois là-bas et au sein du gouvernement national, Vladimir Poutine. En avril 2010, lorsque les États-Unis et la Russie ont signé à Prague le nouvel accord de réduction des armements stratégiques (connu sous son nom anglais, New START), un traité bilatéral qui limite leur capacité nucléaire offensive, celle qui commandait à Moscou, du moins sur papier, c'était Medvedev, chef de l'Etat. C'est lui qui a signé dans la capitale tchèque, avec son homologue américain de l'époque, Barack Obama, l'accord, déclaré suspendu depuis mardi dernier par Poutine. Il a accompagné cet acte des mots suivants : "Cette signature ouvrira une nouvelle page de coopération entre nos deux pays et créera des conditions de vie plus sûres ici et dans le monde". Pas plus.

Medvedev est aujourd'hui l'un des meilleurs exemples pour comprendre le changement de cap du schéma sécuritaire élaboré depuis la guerre froide entre Moscou et Washington. Il a été l'un des défenseurs les plus obstinés de la suspension de ce qu'il a signé il y a 13 ans. Mercredi dernier, il l'a exprimé ainsi : « Si les États-Unis veulent vaincre la Russie [par le soutien militaire de Washington à l'Ukraine], alors nous sommes au bord d'un conflit mondial. Nous avons le droit de nous défendre avec n'importe quelle arme, y compris nucléaire."

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