Sur les bords de Seine, la Bibliothèque nationale de France (BNF) abrite une collection muséale qui n’a pas encore trouvé son écrin. Nichée dans l’une des quatre tours du site François-Mitterrand, dans une salle à l’aménagement digne d’un cabinet de curiosités, cette collection cachée, uniquement visitable par des chercheurs et étudiants, sert à l’origine à montrer quelques-uns des instruments d’enregistrement conservés à la BNF afin de lire les multiples formats du dépôt légal des phonogrammes. Un service où tout ce qui est enregistré ou diffusé en France fait l’objet d’une double inscription obligatoire.
« 1 400 appareils d’enregistrement et de lecture de documents sonores, vidéo et multimédias », indique l’institution. Une collection choisie qui s’étend donc des premiers phonographes, conçus à la fin du XIXe siècle, aux appareils de phonétique, en passant par les outils de lecture optique et digitale, les consoles de jeux vidéo ou du mobilier d’intérieur loufoque dissimulant quelque pavillon « tulipe ».
« Héritière des institutions qui ont précédé le département de l’audiovisuel, (cette collection) présente trésors et excentricités techniques, objets du quotidien et prototypes industriels », précise le site de la BNF. Elle est le reflet d’une longue histoire. Celle de l’enregistrement, dont la France a écrit quelques-unes des plus belles pages.
Ce n’est que par accumulation et classification que, au fil des décennies, l’amas est devenu collection. Les archivistes lui ont donné le nom du poète français Charles Cros. Parnassien et membre fondateur du Cercle des poètes zutiques, que fréquentaient assidûment Paul Verlaine et Arthur Rimbaud, Charles Cros était également scientifique.
C’est lui qui, en mai 1877, adresse sous pli cacheté à l’Académie des sciences un mémoire décrivant pour la première fois le principe d’un appareil de reproduction d...
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