France-Écosse : poignardé en 2016, l'arbitre Nika Amashukeli revient de loin

LCI - 23/02
[VIDÉO] - Après sa défaite en Irlande (32-19), la première depuis près de deux ans, le XV de France accueille l'Écosse ce dimanche (16h00). Le jeune arbitre géorgien Nika Amashukeli, au sifflet de cette rencontre de gala, a connu un parcours atypique. Il a même frôlé le pire.

Après sa défaite en Irlande (32-19), la première depuis près de deux ans, le XV de France accueille l'Écosse ce dimanche (16h00).
Le jeune arbitre géorgien Nika Amashukeli, au sifflet de cette rencontre de gala, a connu un parcours atypique.
Il a même frôlé le pire.

Antoine Dupont, Damian Penaud, Stuart Hogg, Finn Russel… Autant de grands noms qui seront présents au Stade de France, ce dimanche (16h00, en live commenté sur TF1Info). Mais pas seulement. Sur la pelouse, un autre acteur concentrera la lumière des projecteurs : Nika Amashukeli. Choisi comme arbitre de champ pour cette rencontre, le jeune officiel géorgien (28 ans) revient de loin. 

En raison de multiples blessures, l'ancien trois-quart centre a mis fin prématurément à sa carrière de joueur. "J'ai cherché quelque chose qui ne soit pas aussi exigeant physiquement mais qui me permette de rester dans le rugby. Et l'arbitrage était la meilleure option pour y parvenir", témoigne-t-il, dans les colonnes de World Rugby. "J'étais assez jeune pour prendre le sifflet mais ça a plutôt bien marché pour moi et petit à petit, je suis arrivé à ce niveau", ajoute-t-il. 

Arbitre à 21 ans

Le natif de Tbilissi a arbitré pour la première fois sur la scène internationale lors d'un match entre le Monténégro et l'Estonie en 2015. "Une mi-temps a été arbitrée par un autre Géorgien, Shota Tevzadze, que je connais depuis l'âge de six ans et qui est un bon ami, et l'autre mi-temps par moi, ce qui a été une expérience en soi", se souvient-il. "Les joueurs du Monténégro sont arrivés avec des protections des genoux jusqu'aux chevilles et ils n'étaient pas très contents quand je leur ai dit de les enlever parce que c'était contraire aux règles du jeu", continue-t-il. 

Nika Amashukeli en pleine discussion avec Dan Biggar, lors d'un match entre l'Afrique du Sud et le Pays de Galles. - Christiaan KOTZE / AFP

Si ce mécontentement s'est exprimé dans un relatif bon esprit, on ne peut pas en dire de même lors d'un autre match, quelques mois plus tard. Les faits remontent à 2016, dans le cadre d'une confrontation entre le RC Armia et le RC Batoumi, deux clubs du championnat géorgien de rugby, à Poti (ouest). Les deux formations se quittent alors sur un match nul (22-22). 

La suite ? C'est le principal intéressé qui la raconte le mieux. "Il n'y avait pas de chronométrage officiel - les arbitres contrôlaient le temps", narre Nika Amashukeli auprès du Telegraph. "J'ai dit aux capitaines qu'il restait quatre minutes, mais celui de Batumi m'a mal compris. Il a cru que j'avais dit deux minutes. Ses coéquipiers ont donc dégagé le ballon au bout de deux minutes, mais je n'ai pas mis fin au match, car il restait encore deux minutes. Puis l'autre équipe a obtenu une pénalité et l'a botté pour arracher le match nul", détaille l'officiel. Leurs adversaires ont "explosé et m'ont accusé de tricher", affirme-t-il.

J'ai baissé les yeux, j'ai vu du sang couler. J'avais été poignardé

Nika Amashukeli

Cela aurait pu en rester là. Mais non. L'homme au sifflet devient le bouc émissaire des joueurs qui s'estiment floués. "C’est devenu houleux. Après avoir quitté le terrain, il y a eu beaucoup d'insultes et de jurons. Les supporters ont commencé à s'en mêler. Il y a eu une grosse bagarre. Quelqu'un avait un couteau. Soudain, j'ai senti quelque chose sur ma jambe. J'ai baissé les yeux, j'ai vu du sang couler. J'avais été poignardé", raconte-t-il. Heureusement, la blessure a bien guéri. 

Il continue d'écrire son histoire

Après avoir envisagé de tout plaquer, Nika Amashukeli a finalement décidé de persévérer. "Ce qui ne te tue pas te rend plus fort, pas vrai ? Il suffit de revenir et de faire mieux. Vous prenez cette profession et vous mettez la barre plus haut", souligne-t-il. Un cho...
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