Roald Dahl, entre colère et humour

Elvira Lindo - El País - 23/02
Une bonne littérature jeunesse doit avoir quelque chose de transgressif, de subversif et de non pédagogique, pour que les enfants aient le sentiment d'entrer dans un champ de pleine souveraineté

Alléluia! Enfin, on s'émeut avec la censure qui brime trop souvent la littérature jeunesse. Je vous assure que l'affaire a vraiment si peu d'intérêt dans le monde culturel qu'il a fallu qu'un totem comme Roald Dahl arrive pour que certains lèvent la main à la tête. Si les romans pour adultes étaient soumis à l'examen des textes destinés aux enfants, on penserait que la pleine liberté de création n'existe pas dans nos pays. Quoi qu'il en soit, soyons justes et relativisons : les histoires se versionnent depuis que les premières anthologies ont commencé à être publiées. Il faudrait remonter à Pentamerón, le conte des contes (Siruela), fabuleuse compilation du XVIIe siècle dans laquelle le Napolitain Giambattista Basile rassembla pour la première fois les plus belles fables populaires, lissées au X...
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