Vladimir Poutine a annoncé mardi que la Russie suspendait sa participation au traité russo-américain New Start sur le désarmement nucléaire, alors que le président américain Joe Biden a assuré que la Russie ne gagnera jamais en Ukraine. Dans un discours d'une heure et quarante-cinq minutes rappelant l'époque de la Guerre froide par sa virulente rhétorique anti-occidentale, le dirigeant russe a aussi juré de poursuivre "méthodiquement" son offensive en Ukraine.
Les Occidentaux veulent "en finir avec nous une bonne fois pour toutes", a tonné Vladimir Poutine, accusant Washington et ses alliés européens de porter "la responsabilité de l'attisement du conflit ukrainien et de ses victimes". Le président américain Joe Biden a de son côté fait une allocution très attendue, à Varsovie, où il s'est trouvé après une visite surprise à Kiev lundi à l'occasion de laquelle il a encore promis des armes aux Ukrainiens. "Notre soutien à l'Ukraine ne faiblira pas", "l'Ukraine ne sera jamais une victoire pour la Russie, jamais" et "reste libre", a-t-il martelé, parlant de "la volonté de fer de l'Amérique".
Le départ de la Russie du traité New Start sur le désarmement nucléaire a marqué les esprits ce mardi alors que Vladimir Poutine s'est dit prêt à renouer avec les essais nucléaires. "Ils veulent nous infliger une défaite stratégique, s'en prennent à nos sites nucléaires, c'est pourquoi je suis dans l'obligation d'annoncer que la Russie suspend sa participation au traité (New) Start", a déclaré le président russe. Une annonce peu après atténué par son ministère des Affaires étrangères, assurant dans un communiqué que "la Russie entend conserver une approche responsable et continuera, pendant la durée de vie du traité, à respecter strictement les limites quantitatives des armes stratégiques offensives".
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a jugé la décision de la Russie sur New Start "irresponsable", tout en assurant que les États-Unis "restent prêts à discuter sur les armes stratégiques" avec Moscou. Paris a rappelé que le traité New Start constituait "un instrument essentiel" de stabilité stratégique. Londres a souligné que le contrôle des armements était "vital" pour la sécurité, cependant que le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a dit "regretter" la décision russe. Un monde sans contrôle des armements nucléaires est "bien plus dangereux", a insisté de son côté Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres.
Enfin, les Occidentaux ont exprimé cette semaine leurs inquiétudes face à la possibilité que la Chine, partenaire de la Russie, lui livre des armes, une éventualité balayée par Pékin. Sur le terrain, au moins cinq civils ont été tués mardi et 16 blessés dans des frappes russes à Kherson, ville du sud de l'Ukraine reconquise par l'armée de Kiev en novembre.
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