Pour la première fois depuis des mois, Emmanuel Macron est allé au contact des Français. Ce mardi 21 février au matin, très tôt, le président de la République s'est rendu au marché de gros de Rungis. S'il y a défendu sa réforme des retraites, dont l'examen débutera de nouveau la semaine prochaine au Sénat, il a surtout parlé de l'avenir. Car si le chef de l'État est resté silencieux ces dernières semaines quand le pays débattait de la réforme des retraites, il ne s'est pas tourné les pouces, indique son entourage. "Le président a préféré travailler sur les autres réformes et les autres dossiers, notamment la santé, l'éducation, le régalien, l'écologie", fait-on savoir.
Ce mardi à Rungis, il a d'abord amorcé un "débat sur le travail", l'un des fils conducteurs de son action, qu'il souhaite plus rémunérateur et évolutif. "Je ne crois pas qu'il faille moins de social : il faut que le travail continue à payer davantage", a-t-il répondu à un professionnel de la découpe du veau. "Le vrai débat que l'on doit avoir dans notre société, c'est un débat sur le travail." "Le travail doit continuer d'être mieux rémunéré" et "on doit adapter les carrières car quand on travaille de nuit en portant des charges, à partir d'un certain âge il faut que la carrière puisse évoluer, qu'on puisse travailler moins longtemps, qu'on puisse se reconvertir et que cela soit pris en compte dans la retraite", a assuré le chef de l'État.
Des déclarations qui rejoignent celles de plusieurs de ses ministres, ces derniers jours. Lundi, la Première ministre Elisabeth Borne a fait valoir qu'au-delà "de la question de la durée de la vie professionnelle, il faut améliorer la qualité de vie au travail et trouver les conditions du 'bon emploi'".
Au début du mois, le président de la République avait également discrètement rouvert le chantier des institutions en recevant ses deux prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy. Ces entretiens étaient un prélude à la création d'une "commission transpartisane" pour rénover les institutions, promise par le chef de l'État. Parmi les pistes évoquées par son entourage, il réfléchirait à une "désynchronisation des mandats présidentiel et législatif pour donner une respiration" et voudrait "repenser le millefeuille territorial pour le simplifier et le rendre plus efficace", en abandonnant le découpage en grandes régions instauré par François Hollande en 2014.
La semaine dernière, un vote de la convention citoyenne sur la fin de vie en faveur d'une évolution de la loi pour une "aide active à mourir" a rappelé qu'il s'agissait d'un autre chantier prioritaire d'Emmanuel Macron pour les mois à venir. À l'issue de près de trois mois de débats, 84% des citoyens ont estimé que le "cadre d'accompagnement de la fin de vie" ne répondait pas "aux différentes situations rencontrées" et 75% sont pour que "l'accès à l'aide active à mourir" soit ouvert. Toutefois, le gouvernement mène ses propres consultations et a prévenu qu'il ne reprendrait probablement pas telles quelles les conclusions des citoyens.
Enfin, Emmanuel Macron s'attache aussi à maintenir le cap de sa politique nucléaire e...
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