En Turquie, la Terre continue de gronder. Deux nouveaux séismes, de magnitude 6,4 et 5,8 ont secoué la province de Hatay dans le sud du pays. La localisation côtière des épicentres a fait craindre, temporairement, une légère montée des eaux.

À peine deux semaines après la catastrophe sismique qui a ravagé le sud de la Turquie et le nord de la Syrie, deux nouveaux tremblements de terre ont secoué la province turque de Hatay hier soir, lundi 20 février. Il s'agit de la région la plus dévastée par les précédents séismes, qui ont déjà fait plus de 44 000 morts. Ces nouvelles secousses, de magnitudemagnitude 6,4 et 5,8 - donc relativement puissantes - ont causé de nouveaux effondrementseffondrements d'immeubles déjà sévèrement endommagés et semé la panique au sein de la population qui s'est précipitée dans les rues. Plusieurs hôpitaux et bâtiments accueillant de nombreux réfugiés ont dû être évacués par précaution. Six nouveaux morts sont à déplorer ainsi que plusieurs centaines de blessés.

Des épicentres situés à proximité de la côte

Les épicentres des séismes se situent au niveau de la côte méditerranéenne, plus au sud que les précédents séismesséismes de magnitude supérieure à 7, survenus il y a 14 jours. L'épicentre de la première secousse, de magnitude 6,4, est localisé au niveau de la ville de Defne. Le séisme a été ressenti dans toute la région, jusqu'à plus de 100 kilomètres au nord, mais également au sud, jusqu'au Liban. À peine trois minutes plus tard, une seconde secousse a suivi. La magnitude de 5,8 et la localisation côtière de l’épicentre (Samandag) a fait craindre temporairement une petite élévation du niveau de la mer. Le Centre sismologique euro-méditerranéen (EMSC) a d'ailleurs produit une alerte au tsunami, rapidement levée.

Plus de 6 000 répliques sismiques ont été enregistrées depuis le 6 février. Cet événement sismique majeur est déjà catégorisé comme l’une des pires catastrophes du XXIe siècle.

Séisme en Turquie : « ce sont 400 kilomètres de faille qui ont été brutalement réactivées »

Quelques jours après les deux séismes qui ont durement touché la Turquie et la Syrie, Mustapha Meghraoui, chercheur en paléosismologie à l'université de Strasbourg, apporte des éclaircissements sur ces terribles événements, qui étaient prévisibles en considérant les contraintes tectoniques accumulées.

Article de Morgane GillardMorgane Gillard publié le 10 février 2023

Sur le terrain, tandis que les secouristes ont entamé une course contre la montre pour sortir les survivants de sous les décombres, les scientifiques s'affairent de leur côté pour tenter de comprendre ce qu'il s'est passé ce lundi 6 février.

Des équipes de scientifiques turcs et internationaux sillonnent la région à la recherche des traces de la faille est-anatolienne qui a produit le puissant séisme de magnitude 7,8. Car, outre les terribles destructions liées aux vibrationsvibrations du sol, le mouvementmouvement le long de la faille a laissé une empreinte nette dans le paysage. Des routes et des voies ferrées ont ainsi été littéralement cisaillées et décalées du fait du déplacement relatif entre les deux blocs que délimite la faille est-anatolienne. Des déplacements d'environ 3 mètres peuvent déjà être mesurés.

Mais Mustapha Meghraoui, chercheur à l’Institut Terre et Environnement de Strasbourg (Ites) au sein de l'équipe Déformation Active s'attend à trouver des déplacements bien plus importants. « Étant donné la très forte magnitude du séisme, il ne serait pas étonnant d'observer des déplacements de l'ordre de huit mètres, explique-t-il. En 1999, le séisme ayant touché Istanbul a produit des déplacements de 5,5 mètres, et ce n'était qu'un séisme de magnitude 7,4, contre 7,8 cette fois-ci ». La différence entre les deux est significative. Car il faut bien se rappeler que l’échelle des magnitudes de moment n'est pas proportionnelle, il s...
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