Le « mécontentement de la tomate » attise les braises de la contestation sociale au Maroc

Juan Carlos Sanz - El País - 21/02
La flambée incontrôlée des prix des denrées alimentaires de base déclenche les premiers rassemblements contre le gouvernement à la veille du Ramadan

Au Maroc, la viande ou les tomates sont plus chères pour les pauvres. L'inflation a grimpé l'an dernier de 6,6 %, selon les données officielles, bien que la Banque mondiale l'ait relevée à 8,3 %. La hausse des prix des denrées alimentaires s'est élevée à 11 %, selon les statistiques du Haut-Commissariat marocain au plan, mais l'institution mondiale de crédit a en fait triplé son impact, atteignant 30 % pour les plus démunis de la population : le dixième des familles qui doivent dépenser plus de la moitié de leur revenu sur la nourriture pour survivre.

"Les politiques publiques mettent en péril la sécurité alimentaire de la nation." Muré entre des postes de contrôle de policiers et de CRS, Othman Baqa, secrétaire provincial de Rabat de la Confédération démocratique du travail (CDT, centrale socialiste), a expliqué dimanche devant le siège syndical de la capitale les raisons de sa protestation. Le ministère de l'Intérieur avait interdit les marches convoquées par la CDT dans les principales villes, en vertu de la législation d'urgence contre la pandémie toujours en vigueur, malgré l'absence de restrictions.

Concentration des affiliés de la Confédération Démocratique Marocaine des Syndicats, dimanche à Rabat JALAL MORCHIDI...
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