Les pluies de mai nous aideront-elles à supporter la sécheresse annoncée cet été?

Violaine Bault - Slate FR - 27/05
L'enchaînement de semaines pluvieuses laisse espérer une recharge des réserves d'eau souterraines... Mais c'est ignorer les multiples obstacles que rencontre la pluie pour rejoindre les nappes.

L'eau qui circule sous nos pieds, en profondeur dans les interstices et les fractures de la roche, est invisible. Et pourtant, c'est grâce à cette eau souterraine (appelée «nappe») que durant les étés secs, les cours d'eau coulent et les marais ne s'assèchent pas. Rappelons que l'eau souterraine assure 65% de notre alimentation en eau potable.

Si le mois de mai a été particulièrement frais et humide, avec des pluies abondantes, ces pluies permettront-elles de recharger les nappes d'eau souterraines? On parle ici des nappes qu'on appelle communément «phréatiques», c'est-à-dire celles qui se trouvent juste sous nos pieds, à la différence de celles dites «captives», profondes et recouvertes d'une épaisse couche d'argile (comme dans le Bassin aquitain).

Eh bien, pas vraiment: en cette fin mai, les niveaux des nappes restent en effet majoritairement en baisse par rapport à avril. Les eaux infiltrées dans les sols lors des pluies de mai auront surtout servi à les humidifier, au profit de la végétation.

Ces apports pluviométriques devraient toutefois permettre de repousser les campagnes d'irrigation et d'alléger, pour les prochaines semaines, la pression exercée par les prélèvements agricoles.

D'après la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau, l'irrigation représente 15 à 23% des volumes pompés dans les nappes, soit entre 0,8 et 1,3 milliard de mètres cubes par an pour la période 2012-2018; le reste des prélèvements concerne l'eau potable (61 à 67%) et les usages industriels (16 à 18%).

On le comprend, le volume d'eau pompé est var...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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