Sociologue, fondateur et rédacteur en chef de Frustration Magazine, auteur de plusieurs essais et récemment installé comme maraîcher en Charente-Maritime, Nicolas Framont décortique dans son nouveau livre, Parasites (1), les mécanismes de prédation des classes possédantes.
Vous employez une métaphore médicale pour décrire l’affection dont souffre « le corps social ». Pourquoi ?
Depuis les débuts du capitalisme, les classes possédantes exercent leur parasitisme sur la classe laborieuse. Or, ce sont les plus pauvres que l’on traite à tort de parasites. J’ai voulu rétablir la réalité en inversant le stigmate. Actuellement, le rapport de forces est très favorable à ceux qui possèdent le capital et tirent profit du travail des salariés pour accumuler et transmettre à leurs héritiers des fortunes exponentielles. Leur parasitisme s’exerce, aussi, via la distribution par l’État d’argent public. L’État providence, censé prendre soin des citoyens, a été mis au service des actionnaires et des milliardaires au détriment de l’intérêt général.
Les possédants seraient donc des « assistés » ?
L’État français transfère de plus en plus la charge de l’impôt vers les ménages et de moins en moins vers les entreprises. C’est le cas aussi pour la protection sociale assumée par les salariés et de moins en moins par les entreprises, comme le démontre l’actuelle réforme proposée par le gouvernement. En réalité, ce sont les plus riches qui sont gavés de l’argent des contribuables. Et, contrairement aux pauvres qui, très souvent, ne demandent pas les aides auxquelles ils ont droit, les plus riches ont beaucoup de facilité à le faire. De plus, les contrôles concernant ces a...
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