Régis Jauffret dans la peau de Gustave Flaubert

Atlantico - 14/03
Auteur de« Microfictions » « Sévère » et « Papa », Régis Jauffret fait événement avec « Le dernier bain de Gustave Flaubert » (Seuil). Malgré l’oeuvre de René Dumesnil, le travail monumental de Sartre, la biographie de Michel Winock et l’apport d’ exégètes de toutes nationalités- en particulier ceux de la Pléiade- nous n’avions pas de Flaubert intime : c’est fait !

«Emma, Frédéric Moreau, Bouvard et Pécuchet : ces rêveurs sont victimes de leur médiocrité mais aussi de « l’éternelle misère de tout ». Manière de vivre autant que d’écrire, le style est une beauté autonome et vengeresse destinée à dominer la sottise universelle et le langage qui la colporte », dit l’éditeur à propos des quatre mille lettres de Gustave Flaubert (1821-1880) publiées et commentées  dans plusieurs volumes de la Pléiade.

L'année 2021 marque le bicentenaire de la naissance  du géant, auteur  -entre autres - de « Madame Bovary » et de « l’Education sentimentale »  . Régis Jauffret publie dans cet esprit son nouveau roman « Le  dernier bain de Gustave Flaubert » (Seuil), utilisant le concept du «  Dernier  dimanche de Sartre » de Jean-Pierre Enard (+) ( éditions du Sagittaire,  puis« Finitudes »),opuscule qui  relatait en 1978 - soit deux ans avant la mort de Sartre- la dernière journée de l’auteur de la Nausée. Tous ceux qui glosent ici ou là sur le rôle qu ‘aurait joué le créateur de l’existentialisme  dans la French Theory (ultra- américaine ) prouvent surtout qu’ils n’ont jamais lu une ligne de Sartre. Sartre n’a rien à voir avec la « cancel culture ».Ses écrits datent parfois face à la modernité de Camus : l’idéologie date terriblement dans le roman,  le tuant  dès qu’elle s’exprime. L’idéologie, disait Revel, « c’est ce qui pense à notre place ». 

A  propos  des éditions du Sagittaire, leur co-fondateur Gérard Guégan - auteur d’une trenta...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...