Quatre aéronefs - dont l'un décrit par Washington comme un ballon "espion" chinois, fonctionnalité que Pékin dément - ont été abattus au-dessus des États-Unis et du Canada en moins de dix jours, sur ordre du président Joe Biden. Après cette démonstration de force, la Maison Blanche a toutefois reconnu ce mardi que les trois objets abattus en fin de semaine dernière étaient peut-être des "ballons avec des fonctions commerciales ou scientifiques inoffensives". Bien que ces engins volants soient le plus souvent utilisés par les météorologues, ils peuvent aisément être détournés de leur fonction initiale et ainsi servir d'outils de surveillance. Quels avantages apportent-ils alors en termes d'espionnage ? Sont-ils plus efficaces que les satellites en orbite ? Et quelles sont les pays qui les utilisent ? On fait le point.
Naviguant à haute altitude, entre 20 et 40 km au-dessus du plancher des vaches, de tels ballons peuvent également se maintenir en position géostationnaire et ainsi surveiller une cible pendant plusieurs jours d’affilée, voire des mois. À la différence d'un satellite en orbite, beaucoup plus onéreux, qui passe furtivement à la vitesse de 28.000 kilomètres par heure et ne revient à sa cible qu'après un tour complet de la Terre.
Autre avantage, et pas des moindres, ils peuvent aisément échapper aux systèmes de radars. "Si son enveloppe ne réfléchit pas les ondes électromagnétiques, vous ne détectez pas le ballon en tant que tel. Par contre, ce qu’il y a en dessous, ce sont les équipements éventuellement métalliques qui donnent une signature radar", explique, au micro de TF1, le général de l’armée de l’Air et ancien pilote de chasse Patrick Dutartre, dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article.
Néanmoins, s'ils sont suffisamment petits, les dispositifs d'espionnage et la charge utile de ces aéronefs peuvent échapper aux systèmes de surveillance terrestres, selon des experts. Dimanche 12 février, la secrétaire adjointe à la Défense des États-Unis, Melissa Dalton, a déclaré qu'après la détection du ballon chinois, la défense aérienne américaine a ajusté ses systèmes radar afin de pouvoir détecter des objets plus petits et se déplaçant plus lentement, ce qui a probablement permis la détection des autres ballons neutralisés dans les heures précédentes. Enfin, abattre ces engins volants est bien plus difficile qu’il n’y paraît, comme l'explique à l'AFP William Kim, spécialiste des ballons de surveillance au centre de réflexion Marathon Initiative de Washington.
Sachant que ce type de ballon fonctionne à l'hélium, "vous ne pouvez pas juste lui tirer dessus et le faire prendre feu" comme pour un dirigeable, souligne cet expert. "Si vous le trouez, il va juste se dégonfler très lentement", précise-t-il. Dimanche dernier, un avion américain F-16 de l’US Air Force a dû s’y reprendre à deux reprises, le premier missile (de type AIM-9X Sidewinder, pour un coût estimé à 400.000 dollars) ayant manqué sa cible. Leurs systèmes de guidage sont conçus à la base pour traquer des cibles véloces. En 1998, l'armée de l'air du Canada avait envoyé un avion de combat F-18 pour tenter d'abattre un ballon météo considéré comme "voyou". "Ils l'ont criblé d'un millier de munitions de 20 millimètres. Et cela a quand même pris six jours avant qu'il redescende", relate William Kim.
Parmi les quatre objets volants neutralisés par l’US Air Force, l’un d’eux, au moins, a survolé les États-Unis, plus exactement l’État du Montana. Justement, là où se trouvent plusieurs rampes de lancement de missiles nucléaire...
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