L'Ukraine bientôt à court de munitions ? Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg a tiré la sonnette d'alarme, lundi. Il a affirmé que le rythme de production des usines des pays de l'Alliance ne suivait pas le besoin de l'armée de Kiev. Une situation qui met les "industries de défense sous pression", a prévenu le chef de l'Otan. "Oui, nous avons un problème, oui, c'est un défi" alors que l'Ukraine est sous la menace d'une grande offensive russe, a-t-il lancé.
Accélérer les livraisons. Cette alerte est intervenue à la veille d'une réunion des ministres de la Défense des pays de l'Alliance qui doivent accélérer les livraisons d'armement à l'Ukraine et aborder la question des livraisons d'avions de combat à Kiev. Les Alliés se sont déjà engagés à fournir au pays de l'artillerie, des véhicules blindés et chars et des systèmes de défense anti-aériens. "D'autres engagements vont être pris" mardi matin lors de la réunion du groupe de soutien à l'Ukraine dirigé par les États-Unis, a assuré Jens Stoltenberg.
Situation compliquée au nord de Bakhmout. Dans le même temps, sur le terrain, l'Ukraine a reconnu que la situation était "compliquée" dans le village de Paraskoviïvka, au sud de Soledar et à une dizaine de kilomètres du centre de Bakhmout, région la plus disputée dans l'est de l'Ukraine. Le groupe russe Wagner avait affirmé, dimanche, avoir capturé cette localité. "La situation près de Soledar est compliquée : le village de Paraskoviïvka fait face à des bombardements et à des assauts intenses", a indiqué la présidence dans son rapport quotidien. Soledar, ville prise par les Russes en janvier, est située au nord de Bakhmout, qu'ils tentent de capturer depuis l'été au prix de lourdes pertes dans les deux camps et de grandes destructions.
Mise en garde. Par ailleurs, le chef d'état-major de l'armée de terre française a mis en garde, lundi, contre Wagner. Un "adversaire redoutable" selon lui, alors que les soldats du groupe sont déployés dans plusieurs pays d'Afrique et sur le front en Ukraine. "Regardons la milice Wagner, la démonstration qu'ils sont en train de faire", a observé le général Pierre Schill lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes de défense (AJD). "Ils nous envoient un message en nous disant (que) lorsque nous aurons à faire face à ces milices ailleurs, ils sont capables de payer le prix du sang très cher pour atteindre leurs objectifs et ce sera un adversaire redoutable", a-t-il ajouté.
Aucun signe de la fin de la guerre. Alors que le 24 février, le conflit entrera dans sa deuxième année, les experts estiment que la guerre "ne montre aucun signe d'être près de se terminer". Selon un spécialiste du centre de réflexion américain CSIS, "chaque camp a le sentiment que la période lui est favorable, et que baisser les armes maintenant est une erreur". Le scénario le plus probable dégagé par les experts au bout d'un an de conflit est un enlisement de la situation avec la poursuite de batailles localisées. Selon une experte du Council on Foreign Relations (CFR), l'Ukraine pourrait ainsi devenir "un nouvel Israël sans l'arme nucléaire".
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