Bob Dylan n'est jamais allé voir Elvis

Fernando Navarro - El País - 11/02
Son nouveau 'bootleg', 'Fragments — Time Out of Mind Sessions 1996-1997', récupère des prises alternatives d'une période prolifique et sublime et confirme sa capacité à recréer des sons vintage

Si Bob Dylan a dressé l'un des meilleurs recueils de chansons de l'histoire de la musique populaire, il a aussi amplement prouvé qu'il savait le retourner pour le regarder d'un autre œil, voire l'admirer davantage. Il ne s'agit pas tant de toutes ces réinterprétations impossibles de ses classiques, qu'il fait depuis des décennies dans ses concerts au désespoir des puristes, des fans occasionnels et de ceux qui ne font que passer pour poser, presque dans une méthode consciente de secouer son possibilité d'être vu comme une star du lounge et non comme un musicien profitant des possibilités que lui offre son métier. Il s'agit plutôt de la capacité de Dylan à offrir une vision plus large et plus profonde de lui-même et de sa musique dans sa série ambitieuse et fascinante de bootlegs, grâce au flux de prises alternatives, de révisions et de nouvelles compositions des nombreuses époques d'une carrière de plus de un demi siècle. Le dernier exemple en date est Fragments — Time Out of Mind Sessions 1996-1997 (Sony), qui vient de sortir et devient le 17e volume de la série. Et aussi dans l'un des meilleurs pour tout ce qui montre une période prolifique et excellente.

Le nouveau volume lance une version avec de nouveaux mixes de...
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