Pollution de l’air : la crise sanitaire cachée

Olivier Hertel - LePoint - 09/02
Les particules fines présentes dans l’atmosphère sont responsables de 40 000 à 100 000 morts par an en France.

Respirer. C'est probablement le geste le plus fondamental pour la survie d'un être humain. Pourtant, ce simple mouvement des poumons tue environ 8 millions de personnes chaque année dans le monde - soit un décès sur cinq. En cause, l'air, ou plutôt les polluants qu'il transporte. Championnes toutes catégories, les particules fines dites PM2.5. En pénétrant dans l'organisme, ces petits grains au diamètre inférieur ou égal à 2,5 micromètres - soit 30 fois moins que le diamètre d'un cheveu - finissent par avoir un impact considérable sur la santé. Selon une vaste étude publiée en février 2021 et pilotée par une équipe de la prestigieuse université américaine Harvard, ces particules microscopiques auraient tué près de 100 000 Français en 2018, ce qui représente plus de 17 % de l'ensemble des décès dans l'Hexagone. Deux mois plus tard, un rapport de Santé publique France présentait, lui, un bilan certes inférieur mais tout de même très lourd : 40 000 décès chaque année de personnes de 30 ans et plus. Une véritable hécatombe ignorée.

Et c'est sans compter la contribution d'autres polluants qui inquiètent scientifiques et médecins tels que le dioxyde d'azote ou l'ozone, deux gaz toxiques responsables respectivement de 4 400 et 3 100 morts par an en France selon l'Agence européenne pour l'environnement. L'ozone se distingue tout particulièrement, car il est aujourd'hui le seul polluant atmosphérique qui ne diminue pas. « En Île-de-France, nous constatons même une augmentation d'année en année. Il n'est pas émis directement mais résulte de la combinaison des oxydes d'a...
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