Elle est déjà surnommée "la miraculée de Jandairis". Dans cette localité de la province d'Alep, dévastée par le séisme de magnitude 7,8, qui a frappé la Syrie et la Turquie voisine, lundi 6 février, la mort est à chaque coin de rue. Une cinquantaine d'habitations se sont effondrées comme un château de cartes dans cette ville frontalière, proche de l'épicentre du tremblement de terre et tenue depuis 2018 par les forces turques et les groupes rebelles pro-turcs.
Sur place, alors que les mêmes scènes de détresse et de souffrance se répètent inlassablement, les secouristes, aidés par les habitants, tentent d'extraire des déblais, à mains nues ou à l'aide de pioches, les potentiels survivants. Dans ce paysage de désolation, où ils s'acharnent dans un froid glacial pour sauver la moindre vie, le temps qui s'écoule offre de rares éclaircies.
En témoigne l'histoire à peine croyable de cette nouveau-née de Jandairis, unique survivante d'une famille, dont tous les autres membres - son père Abdallah Mleihan, sa mère Aafra, ses trois sœurs, son frère et sa tante - ont péri dans l'effondrement de leur immeuble de quatre étages. "Nous recherchions Abou Roudayna (surnom d'Abdallah) et sa famille, nous avons d'abord trouvé sa sœur, puis sa femme, puis Abou Roudayna, qui étaient regroupés les uns près des autres", a raconté à l'AFP, mardi 7 février, Khalil Sawadi, un proche de la famille, qui était originaire de la région instable de Deir Ezzor, plus à l'est. "Puis nous avons entendu un bruit alors qu'on creusait (...) nous avons déblayé et avons trouvé cette petite, Dieu soit loué."
Unbelievable moment in Aleppo, Syria. A mother reportedly died while giving birth in the rubble. The baby was rescued and carried out. pic.twitter.com/MgxLyWqrOE — Citizen Free Press (@CitizenFreePres) February 6, 2023
Dans une vidéo (voir ci-dessus), largement relayée et visionnée plus d'un million de fois sur les réseaux sociaux, on aperçoit un homme, qui n'a pas été identifié, extirper et brandir au milieu des décombres le bébé tout nu, couvert de poussière, avant de l'emmailloter dans une couverture pour le réchauffer. Lorsqu'elle a été retrouvée sous les gravats, la petite fille était encore reliée par le cordon ombilical à sa mère, qui lui a donné la vie avant de mourir. "Nous l'avons coupé et mon cousin a transporté le bébé à l'hôpital", a indiqué Khalil Sawadi. Le nourrisson a été conduit à l'hôpital de la ville proche d'Afrine.
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