L'argent pèse plus que la religion pour rejoindre des groupes extrémistes en Afrique subsaharienne

Beatriz Lecumberri - El País - 07/02
Trouver un emploi est la principale motivation pour rejoindre les rangs des groupes violents à l'épicentre du terrorisme mondial, selon un rapport de l'ONU, qui souligne la nécessité d'investir davantage dans la prévention et le développement et moins dans les réponses militaires.

« Quand mon père a perdu son emploi, j'ai voulu aider financièrement ma famille. Je voulais aussi avoir du pouvoir et que les gens me respectent. Le témoignage de Hasan, un Somalien de 18 ans, résume les sentiments de milliers d'autres jeunes d'Afrique subsaharienne, qui rejoignent des groupes extrémistes violents principalement pour parvenir à une stabilité économique minimale dans une région en proie à la pauvreté, où l'État ne ne donne pas de réponses aux problèmes les plus urgents des citoyens et le changement climatique commence à faire des ravages. Ce garçon fait partie des 2 200 personnes (75 % d'hommes et 25 % de femmes) interrogées par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans le cadre de son rapport Journey to Extremism, Recruitment and Disengagement Pathways, qui analyse les différentes manières de mettre fin à ces mouvements extrémistes, qui se développent rapidement dans les huit pays étudiés (Burkina Faso, Cameroun, Tchad, Mali, Niger, Nigéria, Somalie et Soudan) et s'étendent progressivement à d'autres comme le Mozambique, le Togo et le Bénin.

L'étude conclut que 25% des personnes qui ont volontairement rejoint ces groupes l'ont fait en raison des opportunités d'emploi offertes par ces mouvements. 22% pour suivre de la famille ou des amis et seulement 17% pour des raisons religieuses. Une étude réalisée en 2017 par le PNUD indiquait que 40% des recrues avaient des motifs religieux. « J'étais frustré, j'avais une famille à prendre en charge et je pensais que le groupe me donnerait un statut et dans le pire des cas une mort de martyr », raconte Mustafa, du Niger, un autre des répondants.

L'Afrique subsaharienne est devenue le nouvel épicentre mondial de l'extrémisme violent, représentant 48 % des décès dus au terrorisme en 2021
Achim Steiner, administrateur du PNUD

Les décès dus au terrorisme dans...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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