C’est l’heure de vérité pour Guillaume Canet ! 11 ans après le décevant Astérix et Obélix : Au Service de sa Majesté de Laurent Tirard, l’acteur et réalisateur de 49 ans livre sa version des aventures des personnages d’Uderzo et Goscinny sur plus de 950 écrans dans toute la France. Un retour qui aurait dû s’effectuer un peu plus tôt. Annoncé à l’automne 2019, le tournage d’Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu devait en effet débuter à l’été 2020, entre la France et la Chine. La pandémie de Covid est passée par là et c’est finalement au printemps 2021 que l’équipe s’est réunie pour mettre en boite cette superproduction très attendue, des studios de Bry-sur-Marne au massif du Sancy, avec en prime une excursion dans le désert marocain. Coût total de l’opération : 66 millions d’euros, soit le 8ᵉ plus gros budget de l’histoire du cinéma français.
Astérix et Obélix en BD, c’est 39 albums vendus à 350 millions d’exemplaires depuis la fin des années 1950. Une source inépuisable d’inspiration qui a nourri jusque-là quatre long-métrages et dix films d’animation. Surprise (ou sacrilège ?), Guillaume Canet a choisi d’écrire une histoire originale avec Julien Hervé et Philippe Mechelen, scénaristes sur Les Tuche 2 et 3. Nous sommes donc en 50 avant Jésus-Christ et Astérix et Obélix coulent des jours paisibles lorsque le marchand Graindemaïs débarque au village avec Fu Yi, la fille de l’impératrice de Chine qui a fui son pays à la suite d’un coup d’État. Les seuls capables de rétablir l’ordre à l’autre bout du monde, ce sont bien évidemment nos irréductibles moustachus, en dépit de leurs divergences gastronomiques et de leurs rivalités amoureuses…
Pour les fans, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d’Alain Chabat reste l’adaptation ultime, sans doute parce que l’ex-Nuls était parvenu à injecter à une saga foncièrement populaire son humour bien particulier, mâtiné de références à la pop culture. Le film de Guillaume Canet s’en inspire clairement avec d’un côté une brochette de champions de la vanne comme Jonathan Cohen, Jérôme Commandeur, Ramzy Bédia ou encore José Garcia, contrepoint idéal du Jules César joué par Vincent Cassel. De l’autre, des icônes de la nouvelle génération, de la chanteuse Angèle aux Youtubeurs McFly et Carlito en passant par le rappeur Orelsan en vrai-faux sosie de Jack Sparrow. Ne manque que Kylian Mbappé même si Zlatan Ibrahimovic a encore de beaux restes...
Mais la vraie touche personnelle du cinéaste se trouve à travers une certaine célébration de la camaraderie, déjà à l’œuvre dans Les Petits Mouchoirs et sa suite. Tomber amoureux, c’est bien. Avoir un bon copain, c’est mieux. Et il le raconte une nouvelle fois avec tendresse et malice grâce au couple soupe au lait que forme son Astérix avec l’Obélix d’un Gilles Lellouche qui n’a pas à rougir de la comparaison avec celui de Gérard Depardieu. Derrière les batailles spectaculaires, les costumes cousus...
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