Avec Aftersun, elle réalise un premier film intimiste qui explore les joies et les peines d’un père et sa fille sous le prisme du souvenir d’un voyage en Turquie. Rencontre avec Charlotte Wells.
Premier film, premier succès pour Charlotte Wells. Avec Aftersun, elle retrace l’histoire d’une jeune femme qui se replonge dans ses souvenirs d’enfance en essayant d’y retrouver les bribes d’un père qu’elle n’a pas su comprendre. C’est avec mélancolie qu’elle tente, des années plus tard, de reconstituer le puzzle avec les pièces manquantes. La cinéaste écossaise explore les confins de la mémoire, mais aussi son inconstance, son instabilité. Et à la clé, un prix à La Semaine de la Critique à Cannes et un grand prix au Festival du cinéma américain de Deauville. Aftersun est porté par la révélation Frankie Corio, 13 ans seulement, et par Paul Mescal, nouveau prodige du cinéma outre-atlantique qui vient d’être nommé à l’Oscar du meilleur acteur pour son interprétation dans le film. À l'occasion de son passage à Paris, la réalisatrice s’est confiée à Première sur la conception et la réception de son film, qui sort ce mercredi 1er février dans les salles françaises.
Qu’est-ce que ça fait de voir son premier long-métrage être autant acclamé par la critique ?
C'était assez inattendu *rires*. Ce parcours, déjà extraordinaire, nous a pris par surprise dès la seconde où nous avons projeté Aftersun. Je n'avais jamais pensé à ce que serait l'accueil critique du film, peut-être par naïveté vu que je débute. J’ai été tellement absorbée par la réalisation et par la construction du film en termes de narration et de personnages que je n'avais pas vraiment pensé à sa réception.
Les spectateurs semblent se connecter à Aftersun beaucoup plus largement que je ne l'aurais cru possible. J'avais espéré qu'il toucherait quelques personnes, mais je ne me souciais pas vraiment de savoir s'il ennuierait, frustrerait ou repousserait plus de gens que ça. Mais pour une raison que je n’explique pas, c'est l'inverse qui s'est produit et c’est vraiment merveilleux de partager le film, de voir les réactions des gens.
La structure du film rappelle la fragmentation de nos souvenirs d'enfance. Était-ce une intention de départ ? Comment avez-vous appréhendé le processus d'écriture ?
Initialement, lorsque j'ai commencé le scénario — j'ai passé plusieurs années à essayer de l’écrire et lorsque j'ai enfin eu les grandes lignes, je l’ai rédigé très rapidement —, l'ébauche ne contenait pas la structure de la rave party. C'est un élément de l’histoire que j'ai développé au fur et à mes...
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