Un Bab Idriss étonnamment désert

LOrientLeJour - 27/01
Nous sommes de retour sur l’un des croisements les plus célèbres du centre-ville de Beyrouth, celui que l’on nomme communément Bab Idriss. Lors de notre précédente visite sur ce carrefour où se...

Nous sommes de retour sur l’un des croisements les plus célèbres du centre-ville de Beyrouth, celui que l’on nomme communément Bab Idriss. Lors de notre précédente visite sur ce carrefour où se croisent de nos jours les rues Georges Picot, Weygand, Abdel-Hamid Karamé et Patriarche Hoyek, nous avions découvert une ville sortant à peine de sa période ottomane, en 1920 : murs en pierre de sable (ramlé) sales, décrépits et couverts d’affiches sauvages, ruelles étroites, chaussée de terre battue parsemée de crottin, circulation périlleuse où s’entremêlent piétons, carrioles, tramways et quelques rares autos... Beyrouth avait une tête pitoyable, celle d’un petit port exotique et malfamé.

La photo d’aujourd’hui a été prise à l’autre bout du mandat français, une vingtaine d’années plus tard, à l’orée de la Seconde Guerre mondiale. La transformation est vertigineuse : aux vieux bâtiments branlants ont succédé d’orgueilleux immeubles de style Art déco à trois ou quatre étages, souvent revêtus de belle pierre. Les bâtisseurs du Beyrouth des années trente n’ont pas lésiné sur les moyens : entrées mon...
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