Nadia Calviño : « Nous devons améliorer les conditions salariales des travailleurs »

Jesús Sérvulo González - El País - 29/01
Le premier vice-président du gouvernement exige un grand accord sur les revenus entre les employeurs et les syndicats qui comprend un accord pour augmenter le salaire minimum

Nadia Calviño (La Corogne, 1968) est satisfaite cette semaine. Les données économiques ont montré que l'économie espagnole a résisté aux assauts de la guerre et de l'inflation. Le marché du travail a également montré des signes de vigueur. Malgré tout, l'activité économique s'engage dans une nouvelle voie de ralentissement et de croissance plus faible. "Nous ne sommes pas surpris", admet-il. Calviño reçoit EL PAÍS dans son bureau du ministère, d'où il réclame un grand accord de revenus entre les entrepreneurs et les syndicats qui comprend un accord pour augmenter le salaire minimum interprofessionnel (SMI).

Question. Les dernières données sur l'emploi montrent une performance positive pour l'ensemble de l'année, mais un dernier trimestre faible : avec plus de chômage et moins d'emploi. Jusqu'où devons-nous nous inquiéter ?

Réponse. Le comportement du marché du travail en 2022 ne peut être qualifié que d'extraordinaire. La première année de la réforme du travail s'est clôturée par une création d'emplois très importante, une baisse du chômage et une réduction de sept points de l'emploi temporaire. Notre marché du travail devient plus européen, avec des emplois plus stables et de meilleure qualité, ce qui était l'objectif de la réforme et du plan de relance en général. Au quatrième trimestre, nous observons un ralentissement en ligne avec l'activité économique et la situation européenne. Nous ne sommes pas surpris de ce ralentissement.

Q. L'économie espagnole a battu les prévisions des analystes, avec une croissance de 5,5 %. Même ainsi, nous sommes toujours le dernier pays de l'UE à retrouver son niveau d'avant la pandémie.

R. Nous avons enchaîné deux années avec une croissance très forte, dépassant toutes les prévisions. Nous sommes dans un environnement de forte incertitude mais, si nous continuons dans la même voie, nous retrouverons le niveau du PIB d'avant la pandémie au milieu de cette année. Son évolution est marquée par la chute en 2020, conséquence de la pandémie, plus intense en Espagne. Mais le reste des indicateurs a déjà largement dépassé les niveaux d'avant la pandémie : emploi, exportations, recettes fiscales…. Dans beaucoup d'entre eux, ce que nous retrouvons, ce ne sont pas les niveaux d'avant la pandémie, mais les niveaux d'avant la grande crise financière de 2008.

Q. L'inflation appauvrit les familles et plus encore les classes moyennes laborieuses. C...
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