L'Espagne émerge comme le principal État pivot de l'Europe

Jeremy Cliffe - El País - 27/01
Le traité de Barcelone signé par Macron et Sánchez est l'un des nombreux moments de cette année où le nouveau statut espagnol dans la configuration politique du continent s'avérera crucial.

La signature du traité entre la France et l'Espagne a donné lieu à des comparaisons avec le traité de l'Elysée, document fondateur de l'axe franco-allemand en Europe, qui fête ces jours-ci ses 60 ans. La vaste portée du nouveau traité permet de voir facilement les parallèles. Il couvre non seulement le futur gazoduc sous-marin d'hydrogène gazeux entre la côte catalane et Marseille, mais aussi un éventail de sujets beaucoup plus large. L'amitié entre les deux pays est plus étroite aujourd'hui qu'elle ne l'a été depuis longtemps. Un nouvel axe franco-espagnol a émergé.

Mais le traité de l'Élysée est le produit d'une toute autre Europe. En 1963, la Communauté était un bloc de six membres seulement. Si Paris et Bonn se mettaient d'accord sur quelque chose, c'était presque invariablement suffisant pour le déclencher. Rien de tout cela n'est plus le cas, et la rigidité actuelle de la relation franco-allemande (autre des motivations du traité de Barcelone, du moins du côté français) montre combien il est difficile pour elle de s'adapter à l'Europe d'aujourd'hui, qui est plus large, plus polycentrique et plus fluide.

Cette nouvelle Europe se compose de 27 membres de l'UE, huit États candidats reconnus (e...
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