La France, Les Visiteurs 3, les triomphes, les ratés, son génie comique éternel : entretien fleuve (et effectivement compliqué) avec Christian Clavier
A l'occasion de la rediffusion des Visiteurs 3, sur TMC (la chaîne boucle ainsi la diffusion de la trilogie), nous repartageons notre long entretien avec Christian Clavier, qui était en couverture du n°469/470 de Première, en avril 2016. Flashback.
Les Visiteurs : La Révolution, testament comiquePremière : En arrivant sur le shooting photo, vous me disiez que cela faisait quarante ans que vous n’aviez pas fait la couverture de Première. Christian Clavier : Oui, j’aime m’amuser avec les gens de la presse, j’aime vous taquiner, vous le savez bien. C’est bien de vous solliciter un peu, vous ne trouvez pas ? Mais par ailleurs, je ne règle pas de comptes. Sinon je n’aurais pas dit quarante ans, j’aurais dit... combien ? Vingt-trois.
C’est amusant, parce que notre première idée pour cet entretien, était celle du come-back. Humm... Vous en pensez quoi ? Que ça va être compliqué si on commence l’interview de cette manière, parce que je n’ai pas ce genre de regard-là sur mon parcours. Il y a des hauts et des bas dans toutes les carrières. Des hauts, des bas, pourquoi pas...
Pourquoi avez-vous mis vingt ans à faire Les Visiteurs 3 ? Après la version américaine qui ne nous avait pas beaucoup plu, on s’est arrêtés. On n’y a plus pensé et on est passés à autre chose, Jean (Reno) comme moi. Il nous fallait une bonne idée. On tournait depuis longtemps autour de la Révolution. Ce moment où, dans le rapport entre maître et esclave, la société bascule. Le premier film abordait l’arrivée des personnages dans le monde moderne, avec Godefroy déçu de voir sa descendante mariée à un gueux. En réfléchissant, je me suis dit que ce serait intéressant de se demander à quel moment le gueux prend le château. Quand on a eu cette idée, on a senti que cela valait le coup de faire le 3.
Votre rapport aux Français est très particulier et on sent que c’est ce qui vous plaît par-dessus tout. Oui. J’ai toujours adoré interpréter des Français. Je suis passionné par le regard ironique, critique et extraordinairement empathique que j’ai sur eux – et qu’ils ont sur moi. C’est un aller-retour. Il n’y a rien de prétentieux dans ce que je vous dis. C’est mon rapport au public. Cela dit, il y a de plus en plus de monde à l’étranger qui apprécie ces films. Les Visiteurs a été relancé par l’extraordinaire succès de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? sur le marché international. Le public allemand, grec ou italien a le même type de relation avec mes personnages que les Français. La comédie française, très française, fonctionne ailleurs.
Comment expliquez-vous que vous dépassiez ainsi les frontières ?
Dans Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?, Claude Verneuil, mon personnage, est très « centre de la France » et, en même temps, sa problématique est universelle. Le rapport du patron et de l’employé se retrouve partout. Mais c’est bizarre. Je tro...
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