On sait qu'il existe au cœur des nuages moléculaires denses et froids à hauteur d'environ 1 % des poussières formées par des étoiles en fin de vie et qui sont entourées d'un manteau de glace. Il s'y produit des réactions chimiques prébiotiques dont on ne connaît pas encore toute la complexité. Ces poussières sont aussi le matériau de base de la formation des planètes et le télescope James-Webb peut les observer comme jamais auparavant. Ces observations devraient nous aider à comprendre si l'apparition de la vie et de planètes comme la Terre est une rareté ou non dans le cosmos observable.

Dans l’interview qu’il avait donnée à Futura au sujet de son dernier livre, Jean-Pierre Bibring nous avait expliqué que la découverte de la diversité des planètes du Système solaire, et notamment des lunes de Jupiter, avait conduit à la prise de conscience que bien des points de bifurcation entre des chemins d’évolution déterminés par le hasard et la nécessité existaient dans la formation et l’évolution des planètes. Des conclusions similaires pouvaient être rejointes en ce qui concerne les exoplanètes et la chimie prébiotique de la matière dans les nuages moléculaires poussiéreux denses et froids qui par leur effondrement gravitationnel peuvent donner des étoiles entourées de disques protoplanétaires et finalement de planètes.

On pouvait donc se poser la question du caractère universelle ou non de l’apparition de la vie et aussi de planètes semblables à la Terre dans l’Univers, au moins dans la Voie lactée. La question reste ouverte. Pour progresser, il nous faut préciser bien des points comme celui concernant la formation et l’évolution des molécules prébiotiques dans les nuages moléculaires et dans les disques protoplanétaires.

Le ribose se forme dans le manteau de glace des grains de poussière, à partir de molécules précurseurs simples (eau, méthanol et ammoniac) et sous l'effet de radiations intenses. © Cornelia Meinert (CNRS) & Andy Christi...
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