Attaquée par la plupart des oppositions, rejetée par les syndicats, la réforme des retraites bénéficie toutefois d'un socle solide au sein du camp présidentiel. C'est du moins ce qu'assure le gouvernement. Ainsi, les trois groupes de la majorité - Renaissance, MoDem et Horizons - "seront en soutien" du texte, a garanti la semaine passée la présidente du groupe macroniste à l'Assemblée nationale, Aurore Bergé. Mais dans les faits, quelques tensions surgissent entre l'exécutif et ses alliés, en particulier le MoDem, qui confirme soutenir le texte tout en exprimant des réticences claires. Le gouvernement, lui, dit rester ouvert à la discussion, mais retoque d'ores et déjà plusieurs de ses pistes, appelant plutôt à "faire bloc", par la voix du ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.
Des représentants MoDem multiplient en effet, ces dernières semaines, les propositions pour "améliorer" le texte, plaidant pour qu'il offre davantage de "justice sociale". Dès le lendemain de la présentation du projet de loi par la Première ministre Elisabeth Borne, le mardi 10 janvier dernier, le patron du parti, François Bayrou, reconnaissait que le recul de l'âge de départ à la retraite resterait un point incompressible. Mais que sur le reste, il assurait que le projet était "améliorable" et présentait des "marges de progrès". "Mon idée n'est pas de gêner le gouvernement, mais de chercher une solution dans les semaines où ce débat va se développer", avait alors plaidé le secrétaire général du Conseil national de la refondation (CNR).
Parmi ces pistes d'amélioration, le maire de Pau martèle sa volonté d'augmenter les cotisations patronales pour financer le système des retraites. "Il ne s'agit pas de faire contribuer les patrons, mais les entreprises", à hauteur "d'environ 0,7% de la masse salariale", avait-il expliqué sur LCI.
Une proposition rapidement balayée par le gouvernement. "Nous sommes convaincus que cette réforme des retraites ne doit pas contrarier la politique de plein emploi (...), donc oui, pas d'impôt, pas de cotisation", a répondu la semaine passée sur LCI toujours le ministre du Travail Olivier Dussopt. "Pas une bonne option" non plus aux yeux de Bruno Le Maire : "On peut toujours augmenter les cotisations patronales, mais cela se paiera par plus de chômage", a-t-il arbitré sur Franceinfo.
Autre proposition avancée par les députés MoDem, recevant là aussi un accueil froid de l'exécutif : l'augmentation de la durée hebdomadaire de travail d'une demi-heure, pour passer à 35,5 heures. L'élu d'Eure-et-Loir Philippe Vigier a confirmé dimanche à l'AFP une information du Figaro, selon laquelle son groupe allait proposer un amendement en ce sens au projet de réforme des retraites. L'objectif : "gagner un poil plus, et de faire entrer des cotisations sociales, qui aideraient à financer la réforme", a-t-il plaidé, évaluant à 1,7 milliard d'euros par an les retombées d'une telle mesure.
Mais sitôt lancée, la proposition se retrouve elle aussi retoquée. "Je serais plutôt enclin à ne pas ouvrir le chantier du temps de travail hebdomadaire au moment où on est déjà dans le chantier des retraites", a lancé dimanche le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran. Lundi, Elisabeth Borne a confirmé qu'elle n'avait "aucune intention d'ouvrir un déb...
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