Le bras de fer politique se poursuit entre les oppositions et le camp présidentiel sur la réforme des retraites. Une centaine de députés de la Nupes ont déposé ce mardi une demande de référendum sur le projet de loi, à l'initiative des communistes. Une piste balayée par l'exécutif, qui assure être légitime à faire passer le texte par un débat parlementaire : invité de l'Interview Politique sur LCI, le ministre délégué chargé des Comptes publics Gabriel Attal a défendu un "gage démocratique" pour la réforme à l'Assemblée nationale.
"On a eu un vrai débat dans le pays au moment de l'élection présidentielle et des législatives. Cette réforme ne sort pas du chapeau après l'élection sans que les Français en aient entendu parler", a-t-il défendu. Tout en se disant "parfaitement lucide et conscient" sur le fait qu'une partie des électeurs qui ont plébiscité Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle souhaitaient faire barrage à sa concurrente Marine Le Pen, sans valider nécessairement son programme.
En revanche, lors des législatives, "plusieurs partis ont présenté un programme dans lequel il y avait une réforme des retraites avec un recul de l'âge", a argué le ministre. "Il se trouve que quand vous faites la somme des députés issus de ces partis qui proposaient cette réforme, il y a une majorité à l'Assemblée nationale. Cela me semble quand même être un gage démocratique pour cette réforme", a-t-il défendu.
Il a ensuite accusé les partis qui appellent à un référendum de ne pas vouloir détailler leurs propres propositions. "On voit la manœuvre, c'est pour éviter le débat au Parlement, éviter d'avoir à présenter une contre-réforme, ses modalités et la manière dont elles le financeraient", a tancé Gabriel Attal.
La retraite à 60 ans, brandie par la France insoumise notamment pendant la campagne présidentielle, "ça coûte 85 milliards d'euros, si vous voulez le financer c'est une augmentation des cotisations salariales de 3000 euros par an, donc tous les Français qui travaillent perdraient 3000 euros de salaire par an", a par exemple affirmé le ministre. Quant au Rassemblement national, le parti ne souhaitait pas supprimer les régimes spéciaux et "voulait supprimer le compte pénibilité", a-t-il assuré. "Est-ce qu'ils assumeront dans l'hémicycle ? Je pense que c'est ce débat-là qu'ils cherchent à fuir. Nous, on l'assume, on ne se dérobe pas face à nos responsabilités", a-t-il défendu.
Reprenant le message martelé par le gouvernement depuis le début du conflit social, le ministre a également réaffirmé que l'exécutif se montre ouvert au dialogue sur le texte et écoute les protestations des syndicats. "On a déjà montré qu'on était capable de faire évoluer notre réforme (...) grâce aux concertations avec les organisations syndicales", a-t-il affirmé. "On doit être dans l'échange, le dialogue, l'écoute et l'enrichissement."
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