L'art et les risques de ressusciter des virus vieux de 48 500 ans

Humanite - 23/01
Avec le réchauffement climatique, le sol souterrain jusqu’ici gelé libère désormais virus et bactéries emprisonnés depuis des milliers d’années. Quels sont les dangers pour l’homme ? Une équipe de scientifiques de l’université d’Aix-Marseille a ressuscité des virus collectés en Sibérie. Le professeur Jean-Michel Claverie nous rassure… un peu. Entretien.

Des scientifiques ont réussi à réactiver des virus âgés de 27 000 à 48 500 ans découverts dans le permafrost, aussi appelé pergélisol, le sol souterrain gelé dont la température se maintient en dessous de 0 °C pendant plus de deux années consécutives.

Son épaisseur peut atteindre plusieurs centaines de mètres dans certaines régions comme en Sibérie. Ces étendues glacées composent 90 % du Groenland, 80 % de l’Alaska, 50 % de la Russie, et représentent au total un cinquième de la surface terrestre.

Or, avec le réchauffement climatique, la fonte du pergélisol s’accélère, libérant de grandes quantités de gaz à effet de serre et de nombreux micro-organismes, virus et bactéries, jusque-là emprisonnés dans les glaces.

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Paléogénétique. L’incroyable écosystème du Groenland... d’avant

Dans une étude parue sur le serveur de prépublication scientifique en biologie bioRxiv, des chercheurs de l’université d’Aix-Marseille expliquent comment ils ont ressuscité plusieurs virus collectés dans le permafrost sibérien. Le plus vieux, un pandoravirus de 48 500 ans, encore vivant, est capable de se répliquer.

Cette équipe, qui travaille sur le sujet depuis une dizaine d’années, a isolé treize virus provenant de sept échantillons dont l’un prélevé dans la Léna, l’un des pl...
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