Les quatre Viennes d'Arabella arrivent enfin à Madrid

Luis Gago - El País - 21/01
Le Teatro Real présente mardi prochain le dernier opéra né de la collaboration entre le compositeur Richard Strauss et le dramaturge Hugo von Hofmannsthal, qui n'a pas vécu pour voir le résultat final

Un fantôme parcourt la copieuse correspondance échangée entre Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal, les deux créateurs d'Arabella : le fantôme de leur propre créature, Le Chevalier de la Rose, illuminé par eux-mêmes et reçu avec jubilation et applaudissements unanimes dans tous les théâtres de un monde dans lequel il n'avait cessé de se produire depuis sa création à Dresde en 1911. Avant même d'avoir un germe d'intrigue défini et, bien sûr, un nom, Arabella apparaît déjà attachée à son sillage dans une lettre envoyée par le compositeur, le son retour d'une tournée en Amérique du Sud avec l'Orchestre philharmonique de Vienne, à son ami le 8 septembre 1923, et dans laquelle il lui propose de se lancer dans « un second Chevalier de la Rose, sans ses erreurs ni ses longueurs. Il faudra que vous m'écriviez cela un jour, car je n'ai pas encore dit mon dernier mot dans ce domaine. Quelque chose de délicat, d'amusant et de sentimental !

Plus d'un an plus tard, « pour détendre mon esprit » —avoue-t-il, dès qu'il a fini d'écrire La torre, sa relecture personnelle ...
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