Matt Reeves et Robert Pattinson se confient sur leur réinvention du Chevalier Noir. Rencontre.
Avec The Batman, de retour ce soir sur Canal +, Matt Reeves et Robert Pattinson ressuscitent le justicier de Gotham dans une vision plus sombre et plus réaliste. Pour Première, ils expliquaient en mars dernier comment ils ont choisi de transformer l’icône absolue des comics et ce qu’ils ont fait du Chevalier noir.
Chaque nouvelle incarnation de Batman au cinéma est un coup de poker : si le film est bon, vous êtes un demi-dieu. Mais si vous vous plantez, on vous tombe dessus à bras raccourcis… Robert Pattinson : Ah ah ah, excellente entrée en matière !
Qu’est-ce qui motive la prise de risque ? Matt Reeves : Je suis sûr que Robert aura plein de choses à vous raconter là-dessus ! De mon côté, j’avais évidemment tout ça en tête… Voilà le souci : la pandémie a tout changé dans l’industrie, et le résultat, c’est que les films qui sortent au cinéma sont le plus souvent basés sur des franchises préexistantes, des histoires avec lesquelles les gens sont familiers. En tant que réalisateur, ça devient de plus en plus dur de faire quelque chose qui vous fasse vibrer. Ceci étant dit, je crois que si le mythe résonne assez en vous quand vous tournez un film de franchise, alors il est possible d’en faire une oeuvre personnelle. J’aime Batman depuis l’enfance parce que n’est pas un super-héros traditionnel, d’ailleurs ce n’est même pas un super-héros. Batman, c’est un conte psychologique. Ça m’attirait follement, mais en même temps j’étais bien conscient que de grands films nous précédaient. Donc j’ai dit à Warner Bros. qu’il fallait me laisser la liberté de faire le film Batman définitif.
C’était la seule façon de l’envisager ? MR : Oui ! Impossible de se lancer à moitié dans un Batman, impossible de le faire en dilettante ! Il faut viser les étoiles. Ça ne veut pas dire qu’on y arrivera, mais si on part sans ambition, ça sera forcément une catastrophe. Je n’aurais pas toléré de me louper sur le personnage de comic book que j’aime le plus. À partir de là, il fallait un angle fort. L’origin story a déjà été parfaitement racontée par le passé, donc c’était hors de question. Le casse-tête était de raconter, du point de vue de Batman, une histoire où il serait en chute libre, broyé. Parce que le piège, c’est de se fai...
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