Ces derniers jours, la neige s'est invitée en plaine dans une série de régions. Des flocons pas forcément inattendus à cette époque de l'année, mais qui ont surpris par leur quantité. Surtout, ils ont tenu au sol, avec une couverture blanche de plusieurs centimètres par endroits.
Les météorologues suivent de près ces épisodes neigeux et observent régulièrement un phénomène qu'ils nomment l'isothermie. Il entraîne un rafraîchissement rapide de l'air, qui permet aux flocons d'être observés y compris à de très basses altitudes.
Avec une température extérieure de 4 ou 5 degrés, personne ne s'attend généralement à ce qu'il neige, et encore moins à ce qu'elle puisse se maintenir au sol en plaine. Pourtant, le phénomène d'isothermie entraîne un refroidissement progressif de toute la colonne d'air, susceptible de permettre l'arrivée des flocons à faible altitude. Les météorologues expliquent son fonctionnement et notent qu'elle survient dans un contexte de fortes pluies.
L'Office fédéral de météorologie et de climatologie souligne que l'isothermie intervient en marge de forte pluies, et que ce sont elles qui contribuent à faire chuter les températures. Plusieurs éléments se conjuguent : "l'évaporation des précipitations", tout d'abord, "surtout au début, lorsque l'air est encore relativement sec". À cela s'ajoute l'arrivée dans des masses d'air plus chaudes des flocons de neige. Lorsqu'ils fondent, l'eau dont ils sont constitués passe de l'état solide à l'état liquide, un phénomène appelé "fusion" qui contribue à soutirer à l'air ambiant une partie de sa chaleur. Dernier élément qui contribue à ce rafraîchissement, un effet que l'on pourrait qualifier d'entraînement : les flocons arrivent au contact d'un air plus chaud et contribuent à le refroidir par contact, comme lorsqu'un glaçon est plongé dans l'eau et rend plus fraîche votre boisson.
Dans un contexte de fortes pluies, il est donc possible que des masses d'air froides soient "attirées" vers le sol, entraînant avec elles la baisse assez nette des températures, nécessaire à l'apparition de la neige. Il s'agit d'un phénomène difficile à prédire, puisqu'il est susceptible de se déclencher ou non en fonction de très légères variations du mercure. Et dans des secteurs géographiques parfois retreints.
Pour observer cette isothermie, il ne faut pas seulement de fortes pluies. Il est en effet essentiel que le vent soit très faible, voire nul, afin de ne pas perturber la descente progressive des masses d'air froides jusqu'au sol, indispensable à la formation des flocons. Si des rafales sont observées, elles auront tendance à "mélanger" les différentes masses d'air, sans permettre leur refroidissement.
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