Vivre sous la menace des drones et d'une nouvelle incursion turque dans une école abandonnée sur le front syrien

J.I.Mota - El País - 19/01
Dans la ville syrienne de Tal Tamr, à seulement trois kilomètres des combats entre les forces kurdo-arabes et les combattants turcs soutenus par l'air, des dizaines de familles déjà contraintes de fuir leur domicile craignent une nouvelle fuite

Hashia se prélasse au soleil dans l'école abandonnée où elle vit avec son mari depuis trois ans, dans la ville de Tal Tamr, au nord-est de la Syrie. Il a les yeux bleus, des tatouages ​​tribaux sur le menton et des rides qui ne pardonnent pas un âge dont il ne se souvient plus. "Environ 85", raconte cette vieille femme, qui a dormi sur du ciment pendant des mois avant de se faire tapisser il y a quelques jours. La femme a fui en 2019 Al Soda, un petit village situé dans la ville de Ras al Ayn, tout près de la frontière turque, lorsque, lors de la troisième incursion des troupes d'Ankara, un bombardement a réduit sa maison en décombres. Depuis lors, Hashia et environ 150 personnes de Ras al Ayn vivent dans l'école abandonnée de Tal Tamr. Au total, des milliers de Syriens sur les près de trois millions vivant dans le nord-est du pays ont dû fuir leur foyer en raison des attaques turques.

Après l'attentat d'Istanbul le 13 novembre, la Turquie, dans le but de défendre sa frontière, a intensifié ses attaques de drones contre des cibles militaires et ses bombardements sur divers fronts, comme Tal Tamr, mettant en danger la vie de milliers de personnes. Ankara a imputé l'attaque aux Forces démocratiques syriennes (SDF), une organisation kurdo-arabe qui contrôle...
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