Enchaîner 32 km par jour en moyenne, sur 12 jours, n’est pas donné à tous. Ce sont pourtant les distances que doivent parcourir les chiens engagés dans La Grande Odyssée VVF. Autant dire que nous avons affaire à de vrais athlètes entraînés comme tels et qui doivent surveiller de près ce qu’ils mangent. On trouve des textes remontant au XVIIe siècle, écrits par des moines scandinaves basés au Groenland, qui décrivent des tentatives d’amélioration de l’alimentation des chiens de traîneau afin de leur donner plus de force et d’endurance dans le travail !
C’est dire si de tout temps, Esquimaux, Indiens, explorateurs puis sportifs avaient bien compris l’importance de la nutrition dans la performance physique et dans la prévention de certaines maladies spécifiques, et avaient à cœur de travailler ce sujet.
Remarquable "machine" biologique hors du commun, le chien de traîneau fut l’objet de très nombreuses recherches scientifiques conduites par des vétérinaires d’universités américaines ou d’écoles vétérinaires françaises. Ces recherches, effectuées en collaboration avec le musher, ont permis de mieux adapter l’aliment aux besoins de ces chiens, mais aussi de prévenir certaines affections classiques de la médecine sportive (problèmes musculaires ou osseux, diarrhées de stress). Et les résultats obtenus sur ces "formules 1 canines" assurèrent de nombreuses améliorations dans la connaissance nutritionnelle du chien de Monsieur tout le monde : qualité de l’énergie, amélioration de la digestion, fibres solubles et fermentescibles ou argiles pour prévenir les diarrhées, antioxydants retardant le vieillissement, L. carnitine prévenant certaines affections cardiaques, etc.
Sur la Grande Odyssée VVF, comme la majeure des courses similaires, un chien de traîneau de compétition est maintenant systématiquement nourri à l’aide d’un aliment complet sec "nutritionnel" (croquettes), riche en protéines (de 30 à 40 %) et en matières grasses (son carburant énergétique de l’effort – 20 à 30 %). Ces croquettes sont hyperdigestibles (ce qui signifie que leur digestion est très facile). Elles contiennent des concentrations plus élevées en éléments indispensables (on parle de nutriments essentiels, ils sont 50 !).
Selon le type de compétition et la température extérieure, le besoin énergétique quotidien varie entre 2 000 et près de 12 000 k calories sur l’Iditarod (soit, pour un chien d’une vingtaine de kilos, pas moins de 6 fois plus qu’un homme adulte de 80 kg exerçant une activité physique importante dans son travail).
On sait également maintenant adapter le rythme des repas et les meilleures manières de reconstituer au plus vite les stocks énergétiques musculaires de ces chiens, qui pourraient au plan de leur nutrition en remontrer à bien des sportifs humains.
Concernant la nutrition, trois séries de facteurs se révèlent avoir un impact sur le besoin nutritionnel du chien de traîneau :
• la dépense énergétique induite, quantitativement très variable, mais qualitativement fondamentale à envisager (toutes les graisses, par exemple, n’ont pas la même valeur alimentaire) ;
• le stress, dans la mesure où celui-ci, induit par l’entraînement et la compétit...
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