Il invite au "télétravail quand c'est possible", dans l'optique d'un jeudi noir. À deux jours du coup d'envoi de la mobilisation contre la réforme des retraites, mouvement promis comme "massif" par les syndicats, Clément Beaune prévoit un "jeudi de galère". Interrogé sur France 2 ce mardi 17 janvier, le ministre délégué chargé des Transports s'attend à de "fortes perturbations dans les transports". Mais pas que : les écoles devraient aussi connaître de fortes perturbations.
L'ampleur de celles-ci dans ces secteurs clés devrait bientôt être connue, puisque les professeurs des écoles doivent déclarer leur intention de cesser le travail au moins 48 heures avant - obligation qui n'existe pas dans les collèges et lycées. Même délai à la RATP et à la SNCF, dont les prévisions de trafic seront annoncées vers 17h ce mardi.
Pour les transports parisiens, les syndicats ont appelé à "une grève puissante", d'autant plus que le gouvernement veut supprimer, à terme, leur régime spécial de retraite, comme il l'a déjà fait pour celui des cheminots. Il y a trois ans, lors de la première mobilisation contre la réforme, le trafic avait été "extrêmement perturbé" dans la capitale, avec notamment 11 lignes de métro fermées sur 16, tandis qu'à peine un train sur dix avait circulé dans le pays au premier jour d'un conflit social qui s'était prolongé durant de longues semaines.
Cette fois-ci, le scénario d'un mouvement reconductible se dessine plutôt dans le secteur de l'énergie, où "des baisses de production d'électricité" sont à prévoir, sans "aller jusqu'au blackout", a prévenu le leader de la FNME-CGT Sébastien Menesplier, évoquant de possibles "coupures" locales visant les élus "qui soutiennent la réforme". Une montée en puissance se profile aussi dans les raffineries, avec des préavis de 24 heures jeudi, puis 48 heures la semaine prochaine et 72 heures début février. Au dépôt TotalEnergies de Dunkerque, "les salariés sont très remontés" contre la réforme, affirme le secrétaire CGT Benjamin Salvino, qui table sur une activité presque à l'arrêt jeudi, mais sans conséquence immédiate dans les stations-services.
Le gouvernement anticipe également ces perturbations, à l'instar du ministre du Travail, Olivier Dussopt, pronostiquant dimanche "qu'il y aura du monde dans la rue" tout en souhaitant "que ça ne se traduise pas par un blocage du pays". Des propos tenus sur l'audiovisuel public, dont les programmes devraient être largement perturbés jeudi. Pas de quoi dissuader les syndicats unis d'aller à l'épreuve de force. Le numéro un de la CFDT Laurent Berger attend ainsi un mouvement "massif" jeudi, tandis que son homologue de la CGT Philippe Martinez espère "des millions" de grévistes et de manifestants.
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