Le nom de Srinivasa Ramanujan est malheureusement peu connu. Cet autodidacte indien a pourtant révolutionné les mathématiques. Pour beaucoup de scientifiques, il est d'ailleurs considéré comme un véritable génie.

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Automne 1917. Le mathématicien Godfrey Harold Hardy, du Trinity College de Cambridge, rend visite à son ami et collègue Srinivasa Ramanujan. « Vous êtes venu en voiture, aujourd’hui, professeur ? », fait-il d’une voix affaiblie par la maladie. « Un taxi », répond Hardy en prenant une chaise. « Le numéro 1729. Mais je doute qu’il s’agisse là d’un nombre intéressant. J’espère que ce n’est pas mauvais signe ! », ajoute-t-il en riant. « Au contraire », répond le malade au bout de quelques secondes. « C’est un nombre extrêmement intéressant. C’est le plus petit nombre décomposable en somme de deux cubes de deux manières différentes. 1729 est égal à 93+103 mais également à 13+123. Voilà une étonnante propriété qu’il faudrait développer ! Nous pourrions le définir comme… un nombre taxicab ! », ajoute Ramanujan en se retournant vers lui et en souriant. Hardy regarde avec affection le jeune prodige des mathématiques. Assurément, il a en face de lui l’un des mathématiciens les plus brillants de l’histoire.

Srinivasa Ramanujan naît le 22 décembre 1887 à Erode, dans le sud de l’Inde. Il est l’aîné de plusieurs frères et sœurs, mais seuls deux survivront aux maladies touchant alors fréquemment les jeunes enfants. D’ailleurs, il contractera lui-même la variole à l’âge de 2 ans, une maladie qui lui laissera des cicatrices indélébiles et une santé fragile.

Maison natale de Srinivasa Ramanujan à Erode (Inde). © Vassia Atanassova - Spiritia, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

À l’école primaire, il devient très rapidement un élève brillant dans tous les domaines. Mais c’est vers l’âge de 10 ans qu’il va développer une subite passion pour une matière bien précise. Une passion si puissante qu’elle gouvernera dès lors le reste de sa vie.

Une obsession des mathématiques dès l’enfance

C’est alors qu’il entre dans l’enseignement secondaire qu’il découvre en effet les mathématiques abstraites. Srinivasa se rend vite compte que, pour lui, les chiffres représentent quelque chose de bien différent que pour les autres élèves. Ils dansent dans sa tête, virevoltent et s’agencent pour lui dévoiler sans effort la solution des équations ou des problèmes. Il s’émerveille d’ailleurs de voir les possibilités presque...
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