Assaut de ses partisans sur Brasilia : Jair Bolsonaro rattrapé par l'enquête

LCI - 14/01
[VIDÉO] - Un juge de la Cour suprême du Brésil a annoncé, vendredi 13 janvier, qu'il incluait Jair Bolsonaro dans l'enquête sur le saccage de Brasilia, le 8 janvier. L'objectif est de clarifier le rôle de l'ancien président dans l'attaque par des milliers de manifestants bolsonaristes des lieux de pouvoir. Une vidéo et un projet de décret pourraient lui être préjudiciables.

Un juge de la Cour suprême du Brésil a annoncé, vendredi 13 janvier, qu'il incluait Jair Bolsonaro dans l'enquête sur le saccage de Brasilia, le 8 janvier.
L'objectif est de clarifier le rôle de l'ancien président dans l'attaque par des milliers de manifestants bolsonaristes des lieux de pouvoir.
Une vidéo et un projet de décret pourraient lui être préjudiciables.

Jair Bolsonaro a-t-il une responsabilité dans l'assaut de Brasilia ? Le président sortant du Brésil, battu par Lula à la présidentielle d'octobre, est directement visé par une enquête pour son rôle dans le saccage de bâtiments publics par ses partisans, le 8 janvier dernier. Alors que plusieurs de ses proches ont déjà été mis en cause, le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes a annoncé, vendredi 13 janvier, qu'il incluait l'ancien chef d'État d'extrême droite dans ses investigations.

Une demande formulée, initialement, par le parquet général du Brésil, qui lui reproche une vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, "mettant en cause la régularité de l'élection présidentielle de 2022". Par cette action, il "a effectué une incitation publique à l'exécution d'un crime". Cette vidéo a été publiée deux jours après l'invasion du siège de la présidence, du Congrès et de la Cour suprême par des milliers de bolsonaristes, puis effacée. Mais elle pourrait, selon le parquet, apporter "un lien de preuve" justifiant "une enquête globale sur les actes effectués avant et après le 8 janvier 2023" par Jair Bolsonaro.

Un projet de décret compromettant découvert

Jair Bolsonaro, qui se trouve aux États-Unis depuis fin décembre, "n'a jamais eu le moindre lien ou participation avec ces mouvements", ont affirmé ses avocats dans un communiqué transmis à l'AFP, en attribuant les violences de Brasilia à des éléments "infiltrés". Cette enquête tombe d'autant plus mal qu'un projet de décret, qui aurait pu permettre l'annulation de l'élection de Lula à la présidence, a été retrouvé chez Anderson Torres, l'ex-ministre de la Justice. Ce document de trois pages, révélé jeudi 12 janvier par le quotidien Folha de S.Paulo, s'avère très compromettant pour l'ancien président.

Il prévoyait que le gouvernement fédéral prenne le contrôle du Tribunal supérieur électoral (TSE), qui veille à la bonne marche du scrutin, "pour assurer la préservation et le rétablissement de la transparence, et approuver la régularité du processus électoral de la présidentielle de 2022". Une mesure considérée comme anticonstitutionnelle par de nombreux juristes. Le décret présidentiel - qui est finalement resté dans les cartons - envisageait la création d'une "commission de régulation électorale" pour remplacer le TSE, avec à sa tête une majorité de membres issus du ministère de la Défense (8 sur 17). Bien que le document soit non daté, le nom de Jair Bolsonaro se trouve à la fin, sur un espace prévu pour sa signature. 

"Ils préparaient un coup d'État"

"Pendant que 33 millions de personnes souffraient de la faim, ils préparaient un coup d'État", a tweeté le sénateur de gauche Randolfe Rodrigues, leader du bloc parlementaire du gouvernement Lula à la chambre haute. "Cela montre que ce que nous avons vu le 8 janvier n'était pas un acte isolé. (Le projet de décret) est l'un des maillons d'une chaîne putschiste", avait déjà déclaré le ministre de la Justice Flavio Dino, en fonction depuis le 1er janvier. Ce brouillon se trouvait "probablement dans une pile de documents censée être détruite en temps voulu", s'est défendu Anderson Torres, jugeant sa divulgation hors contexte.

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