Faut-il avoir peur du sous-variant très contagieux d'Omicron XBB.1.5 ? Il n'y a "aucune raison de paniquer", a déclaré à l'AFP Grace Roberts, virologue à l'université britannique de Leeds. "Je ne pense pas que nous ayons besoin de prendre des mesures drastiques pour le moment", a-t-elle ajouté, tout en jugeant important de continuer à surveiller sa progression. Il faut dire qu'il se propage rapidement dans les cas de Covid-19 aux États-Unis et devrait devenir dominant en Europe d'ici à un mois ou deux, a estimé ce vendredi l'agence européenne chargée des épidémies.
Ce sous-variant, qui a été détecté pour la première fois aux États-Unis en octobre et qui est le vecteur le plus contagieux du nouveau coronavirus à ce jour, représente un risque "faible pour la population dans son ensemble", selon la dernière évaluation publiée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Ce risque est toutefois "modéré à élevé" pour "les personnes vulnérables, comme les personnes âgées, non vaccinées ou immunodéprimées", selon l'agence européenne basée à Stockholm. Pour l'ECDC, "de nombreuses zones d'ombres existent avec XBB.1.5 et cette évaluation pourrait changer dans les prochaines semaines".
S'il représente désormais plus de 27% des infections aux États-Unis, le XBB.1.5 n'était encore responsable que de 2,5% des cas de Covid-19 lors des dernières semaines de 2022, selon l'ECDC. "Les modèles mathématiques de l'ECDC indiquent que XBB1.5 pourrait devenir dominant dans l'Union européenne (...) d'ici à un à deux mois, du fait du faible nombre de cas actuellement rapportés" sur le continent "et de son rythme de progression". Selon l'agence épidémique européenne, "il n'y a actuellement pas de signe que la gravité de l'infection par le XBB.1.5 soit différente de celle des autres sous-lignages d'Omicron".
Au total, 38 pays ont signalé des cas de XBB.1.5, dont 82% aux États-Unis, 8% au Royaume-Uni et 2% au Danemark, a déclaré mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il ressemble beaucoup à son prédécesseur XBB.1, mais présente une mutation supplémentaire de sa protéine spike, la fameuse clé d'entrée du virus, selon les virologues. Il a clairement un "avantage de croissance", a estimé cette semaine Maria Van Kerkhove, responsable technique de l'OMS sur le Covid. L'explication la plus probable de cet avantage est la mutation de la protéine spike, qui s'ajoute à une recombinaison d'une souche déjà très transmissible, a déclaré l'ECDC. Aux États-Unis, XBB.1.5 se répand actuellement 12% plus vite que les autres variants en circulation, selon l'ECDC.
Toutefois, "il n'y a aucune donnée laissant penser que XBB.1.5 est plus nocif - en termes de maladies graves et de décès - que les variants précédents", a indiqué Grace Roberts. L'OMS continue d'évaluer les données, mais pour le moment, XBB.1.5 ne porte aucune mutation connue pour augmenter la gravité de la maladie, a aussi jugé l'agence. Les sous-lignages "XBB" d'Omicron sont, aux côtés de BQ.1, les plus résistants aux anticorps accumulés lors de la vaccination et d'infections antérieures, selon l'OMS.
Une étude publiée dans la revue Cell le mois dernier a révélé que XBB.1 était...
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