Le téléphone retentit dans le local de la permanence des égouts de Paris, situé juste en dessous du pont Morland, entre le 4e et le 12e arrondissement. On signale à l’équipe des odeurs nauséabondes dans le quartier Bastille, au niveau des rues de la Roquette, Daval et de Lappe. Guillaume, Stéphane, Saïd et Rémy étudient le plan, se préparent puis chargent le camion de tout l’équipement nécessaire: combinaisons imperméables, harnais de sécurité, masques à gaz, casques à lampe, bottes montantes jusqu’au haut des cuisses, pelles, détecteurs de gaz, appareils respiratoires isolants et divers petits outils.
Les quatre égoutiers arrivent sur les lieux de l’incident. Un bon quart d’heure est nécessaire pour s’équiper, vérifier le matériel et ouvrir la bouche d’égout. Tout le monde est prêt.
Guillaume, Stéphane et Rémy descendent l’échelle rouillée et humide, assurés par Saïd qui restera à la surface. La descente d’à peine 2 mètres de profondeur prend du temps. « Il faut être sûr de ne pas tomber, explique Stéphane. On s’assure avec un câble qu’on accroche et décroche à chaque passage. »
Après être descendus par la bouche d’égout, « BE » dans le jargon du métier, les professionnels se retrouvent dans une galerie haute d’à peine plus de 2 mètres et d’une largeur qui n’excède pas 1,50 mètre. Le chef de la permanence, Guillaume, qui ne mesure pas moins de 2 mètres, ne semble pas avoir la carrure la plus appropriée pour déambuler dans les étroites galeries. Un ruisseau d’eaux nauséabondes est bordé par deux berges en béton d’une cinquantaine de centimètres.
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