La multiplication des polémiques aura eu raison de celui que l'on surnomme le "Menhir". Acculé ces derniers jours après sa sortie incendiaire sur Zinédine Zidane et les révélations à son encontre - notamment à travers le témoignage accablant de l'agente Sonia Souid -, Noël Le Graët, "en accord avec le Comité exécutif de la FFF, a choisi de se mettre en retrait de ses fonctions de président de la Fédération", mercredi. Mais la formulation du communiqué publié par l'instance ne trompe personne, c'est bien sous la pression générale, à commencer par celle des membres du Comex, que l'ancien maire de Guingamp a dû renoncer à ses fonctions. Une mise sur la touche qui doit durer au moins jusqu'à ce que les conclusions de l'audit diligenté par le ministère des Sports ne soient révélées.
Il fallait faire quelque chose, prendre nos responsabilités
Jean-Michel Aulas
Cette décision, moins radicale qu'une mise à pied - option choisie pour la directrice générale de la FFF Florence Hardouin -, devrait permettre d'apaiser la crise. "La situation était devenue intenable pour l’ensemble du foot français", affirme Jean-Michel Aulas, aussi bien "pour les membres de la Fédération que Noël Le Graët". "Le statu quo n’était plus une option, il fallait trouver la solution la plus adaptée", explique sur FranceInfo, ce jeudi 12 janvier, le président de l'Olympique lyonnais.
En tant que membre du fameux Comex de la "triple F", "JMA" le reconnaît : "il y avait une situation qu’on ne pouvait pas assumer". "Il fallait faire quelque chose, prendre nos responsabilités", ajoute-t-il, estimant que la récente déclaration d'Olivier Véran - qui réclamait un "président à la hauteur" - était "d'une dureté incroyable". Pour autant, avec l'enquête ouverte "depuis quelque temps par le ministère des Sports", il était "difficile d’intervenir de manière plus précise" et plus rapide. "D’autant plus que Noël nous a certifiés encore hier que le contenu de ce rapport ne lui paraissait pas négatif pour lui", souligne le dirigeant. En outre, "la FFF a fait un parcours incroyable sur le plan des résultats sportifs mais aussi sur le plan économique. C’est l’une des fédérations les plus fortes et les plus construites", juge-t-il encore.
Après ce coup de tonnerre dans le monde du football français, Philippe Diallo assure l'intérim à la tête de la fédération. Une solution provisoire qui doit permettre d'assurer, dans les meilleures conditions, la succession potentielle de "NLG". "Dans toute période de transition, on sent bien - même si ce n’est pas exprimé publiquement - qu’il y a des candidats", affirme Jean-Michel Aulas.
"J’ai été moi-même été interpellé et j’ai répondu qu’il n’y avait qu’un poste qui m’intéressait : celui de président de la Ligue féminine que nous sommes en train de construire", indique-t-il. "Il faut savoir déléguer et donner de son temps dans les sujets prioritaires et pour moi, le développement du foot féminin est à la hauteur de mes ambitions", conclut celui qui a fait de l'OL la meilleure équipe au monde en la matière.
Sur lemême thème