Les Nations Unies ont décrété 2023 « Année internationale du mil » (appelé aussi millet ou sorgho). L’idée est de réagir positivement aux problèmes alimentaires du monde issus de l’accélération du réchauffement climatique et à la guerre en Ukraine. Tout comme l'année 2022 avait été celle de la pêche et de l'aquaculture, 2021 celle des fruits et légumes, et 2020 celle de la santé des végétaux. Auparavant, on avait eu droit aux années des légumineuses (2016), des récifs coralliens (2018), de l'agriculture familiale (2014) ou du quinoa (2013). Ces coups de projecteurs successifs ne permettent évidemment pas de changer la face du monde, mais ils contribuent positivement à la réflexion commune sur les « vrais » enjeux de nos sociétés.

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[EN VIDÉO] Notre agriculture bientôt affectée par le réchauffement climatique Certains des effets du réchauffement climatique se font d’ores et déjà ressentir. D’autres sont encore à venir. Les rendements de certaines cultures pourraient ainsi baisser de manière tangible dès 2030 sous l’effet de la hausse des températures, de variations dans le régime des précipitations et de fortes teneurs en dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. C’est la conclusion de chercheurs qui ont travaillé sur les modèles climatiques et de cultures les plus performants du moment. Les rendements du maïs, par exemple, pourraient fortement diminuer. (en anglais) © Nasa Goddard

Il faut impérativement augmenter fortement la production agricole en Afrique L'Afrique est une des premières victimes du réchauffement climatique, elle est également touchée de plein fouet par les conséquences alimentaires de la guerre en Ukraine, tout cela à un moment où sa population croît de façon très importante.L’Afrique est passée en 70 ans de deux fois moins peuplée que l’Europe à deux fois plus. Chiffres Onu et Ined. © Bruno Parmentier, DRPour mieux en comprendre les enjeux, observons l'évolution comparée de l'Europe et de l'Afrique sur 150 ans, de 1950 à 2100. Au début de la période des indépendances africaines, en 1950, il y avait deux fois plus de population en Europe qu'en Afrique. On va dire pudiquement que les Européens s'étaient activement occupés, pendant plusieurs siècles, à limiter la population africaine… Une fois ces pays indépendants, malgré des guerres, des épidémies, des pénuries et des famines, la population africaine commence à croître fortement, alors que l'Europe atteint rapidement son maximum historique. Le croisement des courbes s'effectue en 1994, où les deux continents enregistrent chacun 720 millions d'habitants. En 2022, l'Europe n'a « que » 747 millions d'habitants, alors que l'Afrique en a déjà deux fois plus, autour de 1,4 milliard. En un peu plus de 70 ans, à peine deux générations, l'Afrique est passée de deux fois moins peuplée à deux fois plus peuplée que l'Europe. Et tout porte à croire que cet écart va encore augmenter considérablement. Les prévisions pour 2050 annoncent que l’Europe aura à peine plus de 700 millions d'Européens, contre presque 2,5 milliards d’Africains. Une population multipliée par dix en un seul siècle donc !Notre dossie...
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