Majestueuses, puissantes et solides, nos montagnes ? Non, plutôt fragiles ! Bien loin de l’image idyllique d’un environnement naturel, sauvage et préservé, les écosystèmes de montagne ne sont pas épargnés par les activités humaines, même en haute altitude. C’est le constat que font les chercheurs.
Plus des données s’accumulent sur ces écosystèmes pourtant reculés et difficilement accessibles aux populations humaines, plus les mauvaises nouvelles fusent. Les montagnes se dégradent. Ce constat alarmant a incité un groupe de 22 chercheurs de 11 nationalités différentes, dont je fais partie, à lancer un cri d’alarme et à lister les principales menaces : changement climatique, pollution, changement d’usage des terres, introduction d’espèces, captage de l’eau et modification de la biodiversité.
Les montagnes, un milieu à préserver
Protéger les montagnes, c’est aussi protéger notre avenir, parce que les montagnes nous rendent des services fondamentaux. Nos montagnes sont les châteaux d’eau du monde. Plus de la moitié de la population humaine mondiale dépend de l’eau potable provenant des montagnes, une eau qui s’amoncelle l’hiver sous forme de neige, puis alimente en continu les rivières et les fleuves de basse altitude. Une eau filtrée par les sols et nettoyée par les micro-organismes.
En plus de leurs beaux paysages, les montagnes nous fournissent de nombreuses ressources comme du bois, des pâturages ou un air propre. Elles séquestrent également le CO2 et ainsi régulent le climat. Ces services sont rendus grâce à des processus chimiques complexes mis en œuvre par la biodiversité montagnarde bien adaptée à ce milieu extrême, conduisant à un écosystème simplifié avec une faible redondance fonctionnelle (peu d’espèces exerçant la même fonction).
L'impact visible du changement climatique sur nos montagnes
Si le changement climatique est un phénomène mondial, il est des zones où il est amplifié, comme aux pôles (latitudes élevées) où la banquise fond plus rapidement qu’anticipé par les modèles. Une étude publiée en juillet 2022 a aussi montré que l’Europe se réchauffe trois à quatre fois plus que les autres régions à latitudes équivalen...
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