Au sein des populations les plus diplômées, les enjeux liés au sens au travail font des émules. Depuis la crise sanitaire, enquêtes, articles et rencontres sur la quête de sens des travailleurs de bureau se multiplient. Fin 2020, une étude menée par l'Association pour l'emploi des cadres révélait ainsi que pour 94% des personnes interrogées (toutes cadres), il était important d'exercer un métier vecteur de sens. Mais qu'en est-il des travailleurs moins qualifiés? Se pose-t-on les mêmes questions au sein des professions qualifiées d'«alimentaires»? Les études récentes sur le sujet manquent.
Pourtant, selon Marc Loriol, sociologue, chercheur au Centre national de la recherche scientifique et auteur de l'ouvrage Les Vies prolongées des usines Japy, la question du sens au travail se pose autant, voire plus, au sein des professions non qualifiées.
«Le sens, ce sont ces contreparties qui font qu'on accepte un travail où les horaires sont longs, les corps mis à l'épreuve et la rétribution financière généralement modeste», précise le sociologue. Or, les difficultés actuelles de recrutement dans ces métiers semblent indiquer que pour beaucoup d'employés, ces contreparties qui, autrefois, rendaient la tâche acceptable, ne suffisent plus. Mais qu'est-ce qui fait qu'on trou...
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