Un possible départ de Zinedine Zidane pour y prendre les rênes de la sélection ? "J'en ai rien à secouer, il peut aller où il veut", a lancé le président de la Fédération française de football Noël Le Graët au micro de RMC dimanche. L'ancien coach du Real Madrid a-t-il tenté de plaider sa cause auprès de l'ancien président de Guingamp, alors que beaucoup voyaient en lui un successeur logique de Didier Deschamps ? "Certainement pas, je ne l'aurais même pas pris au téléphone", a rétorqué le dirigeant sans hésitation.
Cette sortie a très vite fait réagir, de Kylian Mbappé à la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra. Cette dernière a dénoncé un "manque de respect honteux, qui nous heurte tous", et réclamé "des excuses pour ce mot de trop". Si cette contrition est arrivée ce lundi par le biais d'un communiqué, des élus parmi lesquels le député LFI François Piquemal demandent le départ du patron de la FFF. "Il est temps de mettre fin au mandat de M. Le Graët", lance-t-il à la ministre, jugeant qu'il "n’est pas à la hauteur du football français". La cheffe des députés Renaissance à l'Assemblée nationale, Aurore Bergé, souhaite également que la gouvernance de la fédération évolue. Problème : les autorités ne disposent que de maigres moyens d'action.
Il y a quelques mois, le ministère des Sports avait convoqué Noël Le Graët ainsi que sa directrice générale, Florence Hardouin. Il n'était alors pas question de Zinedine Zidane, mais des dysfonctionnements présumés au sein de la Fédération. Harcèlement, comportements sexistes, consommation excessive d'alcool... Un audit a d'ailleurs été diligenté afin de confirmer, et potentiellement prendre la mesure des pratiques dénoncées par la presse. Pour autant, si ces réunions, tout comme les demandes d'excuses formulées par Amélie Oudéa-Castéra apparaissent comme un moyen de mettre sous pression le dirigeant de la FFF, le ministère se trouve globalement démuni.
"La ministre peut demander des excuses, exprimer son indignation, sa réprobation, ce qu’elle fait, mais elle ne peut pas démettre Noël Le Graët", a glissé ce lundi sur RMC Roselyne Bachelot, qui a elle-même occupé le poste de ministre de la Santé et des Sports entre 2007 et 2010. La FFF dispose d'une grande indépendance. Pour révoquer le président, il faudrait qu'une assemblée générale extraordinaire sollicite un vote de défiance, et que les votants décident de se prononcer en ce sens. Le vice-président serait alors nommé à la tête de l'institution, et ce, jusqu'à la fin du mandat censé être celui assuré par Noël Le Graët jusqu'en 2024.
"Les deux tiers des membres de l'Assemblée Fédérale doivent être présents ou représentés", précisent les textes qui régissent le fonctionnement de la fédération, et "la révocation du Comité Exécutif doit être votée à bulletin secret et à la majorité absolue des suffrages exprimés". Il s'agit d'une option hypothétique, tout comme celle d'une démission du principal intéressé. Noël Le Graët, s'il se sait contesté et visé par diverses accusations, a toujours soutenu lors de ses prises de parole qu'il comptait assurer jusqu'au bout le mandat qui lui a été confié malgré ses 81 ans.
Le fait que la FFF dispose d'une délégation de service publique, à l'instar de multiples autres fédération...
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