Le chef des mercenaires russes enfreint la loi du silence du Kremlin

Javier G. Cuesta - El País - 09/01
Yevgeny Prigozhin, homme d'affaires à la tête du groupe Wagner, profite de sa projection politique et médiatique pour briser un tabou avec Poutine : critiques publiques et menaces contre d'autres membres de l'élite russe
Yevgeny Prigozhin, à Saint-Pétersbourg, en novembre 2020.Mikhail Metzel (TASS via Getty Images)

Il fut un temps où l'élite russe lavait son linge sale à la maison. Ceux qui critiquaient ouvertement leurs rivaux ont vu leur carrière politique se terminer en trombe sur ordre d'en haut. Vladimir Poutine était le garant de la stabilité, et les tensions entre les différentes factions qui flottaient autour du président étaient une affaire qui se résolvait à huis clos. Par ailleurs, le Kremlin s'est soucié de préserver les apparences en donnant un habillage légal à toutes ses actions, même les plus répressives. Du moins c'était comme ça jusqu'à la guerre. Enflammé par son rôle dans l'offensive contre l'Ukraine, l'un des hommes d'affaires de Poutine, le propriétaire de la société de mercenaires Wagner, Yevgeny Prigozhin (Leningrad, 61 ans), a osé tester le statu quo par des menaces et des accusations de trahison publique contre d'autres hauts responsables.

Le pouvoir réel de Prigozhin, également fondateur de l'usine de trolls et de bots qui a fait de la propagande et de la déstabilisation contre l'Occident à travers les réseaux sociaux, est souvent exagéré. Connu comme le chef de Poutine pour son entreprise de restauration, il a deux armées, l'une militaire et l'autre médiatique, mais il n'a pas réussi en quatre ans à faire tomber un homme politique d'assez peu de p...
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