Frappe à Makiïvka : une semaine après, un bilan toujours aussi incertain

LCI - 09/01
[VIDÉO] - Dans la nuit du Nouvel An, une frappe ukrainienne a visé un site de casernement russe près de Donetsk, à Makïivka. Depuis, les armées russe et ukrainienne revendiquent un bilan différent, passant d'au moins 89 à 400 morts, selon les autorités. En Russie, le bilan donné par le commandement est également mis en doute.

Dans la nuit du Nouvel An, une frappe ukrainienne a visé un site de casernement russe près de Donetsk, à Makïivka.
Depuis, les armées russe et ukrainienne revendiquent un bilan différent, passant d'au moins 89 à 400 morts, selon les autorités.
En Russie, le bilan donné par le commandement est également mis en doute.

C'est un bilan qui continue d'interroger. Une semaine après la frappe ukrainienne à Makïivka, quelques minutes après le passage à la nouvelle année, l'armée russe a annoncé une "opération de représailles" à Kramatorsk, qui aurait fait 600 morts côté ukrainien. Une information aussitôt démentie par les autorités ukrainiennes, mais qui relance les spéculations sur le nombre de victimes russes comptabilisées à Makïivka.

Un bilan mis en doute

Dans un premier bilan, le ministère russe de la Défense avait ainsi reconnu la mort de 63 soldats russes, montant quelques jours plus tard à 89. Il était néanmoins loin du chiffre donné par le département des communications stratégiques de l'armée ukrainienne, qui a revendiqué un bilan bien plus lourd, atteignant les 400 morts et 300 blessés.

Une semaine plus tard, le bilan est toujours aussi incertain, alors que celui-ci est devenu un enjeu pour le commandement russe. Car si l'aveu était déjà rare de la part des autorités russes, qui n'avaient jamais reconnu des pertes aussi importantes depuis le début de l'offensive, cela n'a pas empêché qu'il soit critiqué, même par certains commentateurs pro-russes. C'est le cas d'Igor Girkin qui, à l'annonce de l'attaque, a déclaré que c'était des centaines de personnes qui avaient été tuées et blessées alors que le bâtiment visé avait été "presque entièrement détruit".

La révision du bilan par le général Sergueï Sevrioukov dans un communiqué vidéo diffusé par le ministère russe de la Défense a confirmé les critiques envers le commandement militaire, déjà fustigé les jours précédents pour son "incompétence". Le bilan avancé par le ministère de la Défense a été mis en doute, au vu de la destruction totale du bâtiment et de l'éventualité de la présence de munitions entreposées sur place.

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Par ailleurs, la direction de l'armée russe n'a pas hésité à faire reposer la responsabilité de l'attaque sur les soldats eux-mêmes. Le général Sergueï Sevrioukov a ainsi affirmé que la "cause principale" de la frappe était "l'utilisation massive par le personnel de téléphones portables" malgré l'interdiction de le faire. Cela aurait permis aux forces ukrainiennes de géolocaliser cette concentration de soldats russes, des réservistes récemment arrivés de Russie, selon l'affirmation de plusieurs médias russes.

Une explication qui a provoqué la colère en Russie. "Bien sûr, ce n'est pas le commandant ayant donné l'ordre de placer le personnel dans le bâtiment qui est à blâmer, mais le simple combattant avec son téléphone", a ironisé sur Telegram le député municipal moscovite Andreï Medvedev.

Sur les réseaux sociaux locaux, de nombreux internautes ont par conséquent appelé à une enquête transparente. Une pétition a même été mise en ligne par des militants opposés à l'offensive. Elle demande que les responsables de l'armée soient punis et que les noms des morts soient rendus publics.

A. Lo.

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