En Iran, la répression sanglante se poursuit. Deux hommes ont été exécutés ce samedi après avoir été reconnus coupables du meurtre d'un paramilitaire lors des manifestations déclenchées après la mort suite à un passage en garde à vue d'une jeune kurde, a annoncé l'agence du pouvoir judiciaire.
"Mohammad Mahdi Karami et Seyed Mohammad Hosseini, les principaux auteurs du crime qui a conduit au martyre de Rouhollah Ajamian, ont été pendus ce matin" samedi, a indiqué Mizan Online, en référence à un membre de la milice des Bassidji, liée aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du pouvoir iranien. Le tribunal de la première instance avait condamné à mort les deux hommes le 4 décembre, a précisé l'agence. Le 3 janvier, la Cour suprême d'Iran avait confirmé les condamnations à mort des deux homes, les accusant d'avoir tué Ajamian le 3 novembre à Karaj, à l'ouest de Téhéran.
Les réactions occidentales n'ont pas tardé. Via une porte-parole du chef de la diplomatie, l'Union européenne s'est dite "consternée" par ces exécutions et a dénoncé un "nouveau signe de la répression violente des manifestations". L'UE a également appelé Téhéran à "annuler sans délai les récentes condamnations à mort déjà prononcées dans le contexte des manifestations". Depuis le 16 septembre, la justice a condamné à mort 14 personnes en lien avec les manifestations, selon un décompte de nos confrères de l'AFP basé sur des informations officielles. Parmi elles, quatre ont été exécutées, deux ont vu leur peine confirmée par la Cour suprême, six attendent de nouveaux procès et deux autres peuvent faire appel. Des militants assurent qu'une dizaine d'autres personnes font face à des accusations passibles de la peine de mort.
De son côté, Paris a qualifié ces exécutions de "révoltantes" et exhorté l'Iran "à entendre les aspirations légitimes du peuple iranien". "L'exécution de manifestants ne peut tenir lieu de réponse aux aspirations légitimes de liberté du peuple iranien", a souligné le quai d'Orsay dans un communiqué, estimant que "ces exécutions, révoltantes, s'ajoutent aux nombreuses autres violations graves et inacceptables des droits et libertés fondamentales commises par les autorités iraniennes".
Un mouvement de contestation d'une ampleur sans précédent a débuté en Iran après la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde de 22 ans décédée à la suite de son arrestation par la police pour infraction au code vestimentaire de la République islamique imposant notamment le port du voile en public pour les femmes.
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