C’est l’une des révélations chocs de son autobiographie, Le Suppléant, à paraître le 10 novembre. Dans l’un des nombreux extraits dévoilés par la presse anglo-saxonne ces dernières heures, on apprend que le Prince Harry a tué 25 talibans en 2012 lors de sa deuxième mission en Afghanistan dans la province du Helmand, au sud-ouest du pays, alors qu’il pilotait un hélicoptère Apache.
Le cadet de Charles III explique qu’à son retour à Camp Bastion, la base de l’armée britannique, il regardait les images filmées par la caméra embarquée à bord de l’appareil. Grâce à la technologie, "je pouvais toujours dire précisément combien de combattants ennemis, j'avais tué", assure-t-il. "Donc mon chiffre : 25. Ce n’est pas un chiffre qui me donnait satisfaction. Mais ce n’est pas non plus un chiffre qui me faisait honte."
Vous ne pouvez pas tuer des gens si vous les voyez comme des personnes
Harry dans "Le Suppléant"
"Dans la chaleur et le brouillard, je ne pensais pas à ces 25 comme à des gens. J’avais été entraîné pour ne pas les voir comme ça", affirme également Harry. "Vous ne pouvez pas tuer des gens si vous les voyez comme des personnes", insiste-t-il. Pour lui, "c’était des pièces que je devais retirer de l’échiquier. Des méchants éliminés."
"Je m'étais fixé comme objectif, dès le premier jour, de ne jamais me coucher avec des doutes sur le fait que j'avais fait ce qu'il fallait, que j'avais tiré sur des talibans et uniquement sur des talibans, sans civils à proximité", continue Harry. "Je voulais rentrer en Grande-Bretagne entier, mais plus encore, je voulais rentrer chez moi avec ma conscience intacte."
Outre-Manche, ces révélations sont difficiles à digérer. Pour l’ensemble des Britanniques, car Harry n’avait jamais avoué avoir tué lorsqu’il était soldat. Mais surtout pour ses anciens camarades de régiment, outrés qu’il dévoile des faits d’armes qu’on préfère taire à plus d’un titre. Pour le Colonel Richard Kemp, interrogé par la chaîne Skynews, "c’est une trahison envers les gars qui ont servi avec lui".
"Il suggère que l’armée britannique entraîne des gens, comme lui, à ne pas voir les ennemis comme des êtres humains, ce qui est très loin de la vérité", insiste le militaire, très remonté contre le cadet de Charles III. "De manière générale, l’armée fait très attention à bien différentier les civils innocents et les combattants sur le champ de bataille."
Pour le Colonel Kemp, les propos du prince Harry sont irrespectueux pour ses camarades… mais également dangereux pour lui-même. "En parlant ainsi, il affaibli sa sécurité personnelle. Il s’est tiré une balle dans le pied", regrette-t-il. Une mise en garde qui fait écho au conflit qui oppose depuis le duc de Sussex aux autorités britanniques lorsqu’il rentre au Royaume-Uni pour des raisons privées ou publiques comme les obsèques de sa grand-mère.
Depuis qu’il a quitté la monarchie en 2020 suite au fameux Megxit, Harry a perdu sa protection publique, financée par les contribuables britanniques. Une décision qu’il a régulièrement contestée en mettant en avant le risque inhérent à ses deux missions de ...
[Courte citation de 8% de l'article original]