Réforme des retraites : Olivier Dussopt appelle à ne pas "prendre les gens pour des imbéciles"

LCI - 05/01
[VIDÉO] - Le ministre du Travail a précisé, dans une interview au Parisien, les concessions faites aux syndicats sur la réforme des retraites. Olivier Dussopt affirme que le texte répond à leurs demandes, notamment sur la pénibilité ou l'emploi des seniors. L'objectif d'adoption de ce texte est fixé à "fin mars".

Le ministre du Travail a précisé, dans une interview au Parisien, les concessions faites aux syndicats sur la réforme des retraites.
Olivier Dussopt affirme que le texte répond à leurs demandes, notamment sur la pénibilité ou l'emploi des seniors.
L'objectif d'adoption de ce texte est fixé à "fin mars".

Un des dossiers les plus explosifs du gouvernement se précise encore un peu plus, à moins d'une semaine de sa présentation officielle. La réforme des retraites, qui sera dévoilée le 10 janvier, répond à des demandes des syndicats réformistes, notamment sur la pénibilité et l'emploi des seniors, a assuré le ministre du Travail, dans une interview au Parisien parue mercredi 4 janvier. 

Reprenant les termes de la Première ministre Elisabeth Borne, Olivier Dussopt y rappelle que l'âge légal de départ à la retraite de 65 ans n'est pas "un tabou". Selon lui, le rétablissement de l'équilibre du régime peut aussi être atteint avec "une mesure d'âge à 64 ans, si tant est qu'elle soit accompagnée d'une accélération" de la durée de cotisation "pour arriver plus vite aux 43 ans". "Nous trancherons le 10 janvier" en regardant "ce qui est le plus juste", indique le ministre. 

Objectif d'une adoption du texte "fin mars"

Le gouvernement "a répondu aux demandes" des syndicats réformistes, en particulier la CFDT et la CFTC, en matière de pénibilité, assure ainsi Olivier Dussopt, évoquant "la prise en compte des risques ergonomiques (charges à soulever, vibrations mécaniques, etc.)" qui passera par "un suivi médical renforcé". Il reconnaît toutefois "un point d'achoppement : l'automaticité d'un départ anticipé à la retraite sans passer par un avis médical". Concernant l'emploi des seniors, que le gouvernement avait promis d'améliorer, le ministre confirme la mise en place d'un "index, un peu sur le modèle de l'égalité femme-homme", afin que "les entreprises fassent la transparence sur la place des seniors dans leurs effectifs". "Il y aura une obligation de publicité. En cas d'absence de communication, il y aura des sanctions".

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Sur la méthode, "il y a une probabilité forte" que la réforme des retraites "passe par un projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale", avec l'objectif d'une adoption "d'ici fin mars", précise-t-il. Reçus mardi et mercredi par Elisabeth Borne pour un dernier tour de concertations avant les annonces du 10, les leaders syndicaux ont unanimement fait part de leur rejet d'un recul de l'âge légal, qu'il soit à 64 ou 65 ans, et promis de mobiliser dans la rue si le gouvernement ne recule pas sur ce point.

"Les Français sont plus raisonnables que certains responsables syndicaux et politiques. Personne ne souhaite un blocage", a réagi Olivier Dussopt, ajoutant qu'"il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles. Les Français comprennent parfaitement ce qu'on doit faire".

S.M avec AFP

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